par Pauline Amat

L’espace 29 se fait STILL LIFE

Du 27 octobre au 19 novembre

Exposition née d’une rencontre, STILL LIFE témoigne d’une association, d’une fusion entre Lucie Bayens et Franck Garcia. Artistes du sensible, ces deux bordelais réinventent le thème de la nature morte sous leurs propres médiums, avec toutes les évolutions que l’histoire et la vie artistique ont pu lui apporter.

« Explorer les limites sensibles de la vie et la mort, de l’énergie et du silence, des réflexes et de la culture ». C’est ainsi que Lucie et Franck définissent leur nature morte, dans un élan de complémentarité qui touche tant à leurs productions qu’à leurs discours. 

Sous La Tente, c’est là qu’il ce sont rencontrés. Nous ne parlons pas de camping, mais bien du refuge des artistes créé par Christophe Massé. Le 28 de chaque mois (28 rue Bouquière à Bordeaux), Sous La Tente devient un lieu de rencontres et d’expositions. Nos deux artistes s’y sont découverts un appétit commun : celui d’un à priori et de son démantèlement sensuel. Il n’est pas question ici de produire une exposition du glauque et du macabre, mais bien d'un éloge de la vie au regard précis et amusé. Alors ne vous laissez pas impressionner par quelques os et pattes de canard, car ici la nature morte n’imite plus, elle produit avec.

C’est en tout cas le médium utilisé par Lucie Bayens, qui récupère et glane les matières dans un vivant qui fut et qui deviendra. Dans un travail très fin, elle tisse moufles et chaussons dans la graisse de canard, compose avec des os colorés et écrit sur du parchemin de boyaux séchés. Les mots sont percutants, et pourtant les œuvres sont déroutantes par leur poésie. Le vivant renaît de ses cendres en mêlant délicatesse et sauvagerie.

 

D’un autre côté, Franck Garcia nous expose sa peinture comme source de réflexion. Ses sujets semblent glisser hors de leurs supports, comme des créatures flottantes malgré la lourdeur connotée par le thème de ces représentations picturales. L’artiste se sert des images et de leur « pouvoir à déclencher l’imaginaire » comme il l’explique. Ses toiles mettent en vibration les sculptures de Lucie, et vice versa. Nous avons l’occasion d’assister à un véritable dialogue entre les productions qui cohabitent et se mélangent pour créer cette exposition, sorte de cabinet de curiosité où les collectionneurs construisent par confrontation et par association, par attirance et répulsion, par éléments inanimés et productions vivantes.

 

Rendez-vous donc dans cet espace de réflexion aux accents poétiques où vous vous laisserez déstabiliser par « la grâce de la charogne ».

Rendez-vous à l’Espace 29,
29 rue Fernand Marin, 33000 Bordeaux

Entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 18h