par Romane Volle

Bordeaux Rock 8 : 3/3

En direct de l'I-Boat, samedi 28 janvier pour la party rock.

Pour nous ménager les guiboles, l'équipe du fest a rassemblé la programmation sur un même lieu. Et c'est pas pour nous déplaire. On vous raconte comment c'était. The Lonely Walk, Tender Forever et plus tard, l'interview des jeunes de The North Odd Preppies.

Lonely Walk©Thomas Larue-DoucetIl est presque 22h, je crois. Happés par une manif organisée en début de soirée contre l'ouverture du bloc identitaire à Bordeaux (« Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos » pour rappel), nous avons ratés le concert des jeunes fous de The North Odd Preppies, qui, nous ont-ils dit quelques heures plus tard, était : « super nice, transpirant, sexy, intense, et franchement on est hyper content, c'était cool ! » dixit Guillaume, batteur du groupe. À suivre, leur interview dans notre rubrique musique d'ici quelques jours.

Direction la cale du bateau. The Lonely Walk font leur entrée sur scène. Ambiance rouge électrique. C'est leur première ce soir. Mais une première qui ressemblera plus à une bonne grosse répét' générale. Son pas top, des instrus qui font des caprices … Ce chaos mis à part, chaque morceaux révèlent bien des mélodies percutantes, quelques pépites brutes qui méritent encore d'être façonnées pour en montrer tous les talents. Malgré cette première en demie-teinte, on a pu décelé la direction et les envies du groupe : une musique psyché, hip hop pour le rythme, de belles lignes de synthé et une voix aérienne, envolée qui nous plongent dans un univers SF. On restera donc alerte sur les prochaines dates pour connaître l'évolution du groupe.

Lonely Walk©Thomas Larue-Doucet

En fait, ce qu'on attendait vraiment ce soir-là, c'était le retour, très attendu, de Mélanie Valéra alias Tender Forever. Et ce qu'on peut en dire, c'est qu'on ne regrette pas le déplacement. Avec une hernie discale et un traitement musclé à la corticoïde qui l'empêche de fermer l'oeil depuis plusieurs jours, elle a eu le courage de nous délivrer une performance à la fois touchante, psychée et décalée. Une expérience numérique et sonore qui nous a entièrement convaincu. Tender Forever parle beaucoup entre ses morceaux, danse et saute beaucoup pendant ses morceaux, slam comme une reine à la fin de ses morceaux (et "fuck Hernie"). Avec comme fil rouge une curieuse envie de nous vanter la pratique du headbang. On est, au final, complètement saisi par sa performance live, entre electro pop et r'n'b lo-fi, jeu de ping-pong entre écrans, passage romantique ou engagé, une personnalité qui oscille entre mélancolie, cynisme et énergie. Tender Forever est une artiste sincère et talentueuse qu'on aimerait voir et revoir, encore et encore. Et, comme dirait sa maman : « Non tu dis pas c'est nul, tu dis merci ». Alors, merci Tender Forever.

Tender Forever©Thomas Larue-Doucet

Tender Forever©Thomas Larue-Doucet

Tender Forever©Thomas Larue-Doucet

passez sur les photos, c'est rigolo ...

Entracte. L'orga fait sortir le public pour préparer la seconde party, plus electro cette fois. Nous, on rendra les armes. Quoiqu'il en soit, cette huitième édition, qui a permis de découvrir les talents de nos bordelais et de non-bordelais, a tenu toutes ses promesses. On espère voir alors naître un vrai, grand, ambitieux festival pour l'année prochaine, comme il se le murmure de couloirs de bureaux en comptoirs de bars (et comme il manque cruellement encore à notre ville). En tout cas, Aymeric, le directeur du festival, est très enthousiaste : « On a explosé les chiffres de l'I-Boat et vendredi pareil ! On est super motivé, on a plein d'idées pour le big festival, j'espère que ça va voir le jour. » I hope so !

Public by Tender Forever

en tout cas, eux, ils étaient contents ... (photo prise par Tender Forever)

Pour écouter : The North Odd Preppies // The Lonely Walk // Tender Forever

© Photos de Thomas Larue-Doucet > site