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Expos
« Trônes d’Asphalte » d’Ann-Cantat Corsini à POLA
 63 portraits de rue
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 Ann-Cantat Corsini, on l’attend depuis près de trois mois, enfin elle arrive, contre vents, pluies et moussons bordelaises de toutes sortes. Quoiqu’il puisse arriver, elle refait surface en ce mois de septembre plus docile et la rentrée laisse siéger ces quelques 63 trônes au sein des murs imposants de notre chère fabrique.
Ann-Cantat Corsini, photographe, créatrice, artiste résidente à Pola s’approprie, travestit les murs de la fabrique, les transfigure et propose autre chose, autrement. Ces derniers sont les réceptacles inspirants de la série « Les Chaises », plus connue sous le titre bien choisi de « Trônes d’Asphalte ». Dans cette série, des spectres photographiques de chaises nues, seules, parfois abîmées, malmenées, triturées sans doute. On peut tout imaginer. On peut penser à des chaises délaissées, abandonnées, ou désirées, désirables, attendues fermement par des corps lassés. Sur la surface de la pellicule, des formes creuses, concaves apparaissent, sans âmes qui vivent, qui viennent, passent ou repartent. Elles restent malgré tout, demeurent là et ailleurs face à nos caboches éphémères. La chaise est prise sous tous les angles, traverse le temps, les modes, se démultiplie en diverses formes, postures et usures. Elle attend le prochain hôte ou vient à peine de le laisser partir. Tout est élastique, fluctuant il va sans dire, mais une seule chose est sûre, le trône demeure immobile, lieu malgré tout de tous les possibles.
Une expo qui offre à observer un objet de tous les jours, qui fait parti des meubles, des choses que l’on ne voit, que l’on ne calcule plus. Ici, la chaise est omniprésente, elle est partout et nulle part, elle est tout et rien à la fois, véritable interface des multiples phases de la vie, des saisons, des humeurs et des évènements. Une expo à découvrir dès le 16 septembre à 19h.
D.M
« Trônes d’Asphalte »
Ann-Cantat Corsini
Vernissage le 16/09/10 à 19h, Avenue Lucien Faure
A partir du 16/09 pendant 6 mois
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Les grandes traversées à Bordeaux

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L'édition 2010 du festival d'art contemporain Les Grandes Traversées s'est montée autour du plasticien américain Mark Jenkins. Celui-ci a fait le souhait d'un festival interactif et participatif pour lequel il a invité un groupe d'artistes issus du mouvement Street art. Ceux-ci utiliseront la vidéo, la sculpture, la performance, le laser et bien d'autres médiums pour créer des œuvres adaptées à l'architecture sur laquelle elles viendront se greffer, en perpétuelle communication avec la ville, lançant des appels indirects à ses riverains.
Ce comité étrange, après être passé par Royan et Soulac, s'installera à Bordeaux du 8 au 10 juillet, semant ses créations dans les rues de la ville et sur des sites bien connus tels que l'Utopia, la galerie Cortex Atletico, la galerie Eponyme, la galerie Ilka Bree et la place de la Bourse.
Vous voulez des noms ?
Mark Jenkins et Sandra fernandez (Washington DC) utilisent le ruban adhésif comme matière première pour créer des sculptures hyperréalistes dans l'espace public. La tête dans un sac poubelle, dans le mur, sous un panneau publicitaire ou dans un Stop, leurs personnages plus vrais que nature adoptent des postures décalées dans la ville réglée et propre, là où l'on s'attend le moins à les croiser.
Aakash Nihalani (New York), quant à lui, joue du parallélépipède, qu'il dessine le plus souvent au ruban adhésif sur le sol, sur un mur, entre deux arcades, et transforme ainsi l'environnement qui se couvre d'un air presque drôle.
Erell (Marseille) de son côté, est parti du tag pour créer des motifs reproductibles et agençables à l'infini, qu'il appelle particules, faits pour proliférer en milieu urbain, pour envahir le béton, à la manière des graffitis.
Masagon, entre le styliste et l'artiste, crée des vêtements et des toiles dans le style pop graffiti, à la lisière du dessin animé, souvent cynique, toujours hilarant.
Par ailleurs, Evan Roth, Theo Watson et Chris Sugrue présenteront deux projets en avant première au festival. Le premier est un chercheur travaillant sur l'open source, le graffiti et la technologie, le second un designer de systèmes musicaux ou picturaux expérimentaux en interaction avec le corps, et le dernier propose des installations audio-visuelles, multipliant les effets d'optique, l'électromagnétisme et la vidéo augmentée.
Enfin, Paul Notzold montera son Textual healing, dispositif de textos envoyés par le public et diffusés sur les murs dans des bulles accrochées aux fenêtres et Benjamin Gaulon présentera son robot graffiti, sorte d'imprimante laser géante utilisant le pistolet de paintball comme tête d'impression.
Tous ces artistes envahiront la rue Notre Dame le soir du 8 juillet en se dispersant entre Cortex , Eponyme et Ilka Bree pour des expositions interactives jusqu'à une heure du matin.
Tout au long des trois jours vous pourrez retrouver ces installations dans la ville accompagnées de celles de Tim Colon et Ruskig, grapheurs, qui expérimenteront de nouveaux types de fresques.
Par ailleurs, Charlie Todd et son collectif Improv Everywhere, à l'origine du légendaire Grand Central freeze, séviront à Bordeaux sans s'annoncer bien sûr.
Enfin, à ne pas manquer non plus le 9 juillet : la chorégraphie du collectif Pictoplasma Place St projet à19h et la projection d'un film sur le Streetart à l'Utopia à 21h.
Finalement, ce groupe d'artistes imprévisibles effectuera son grand final sur la place de la Bourse qu'ils rendront méconnaissable le 10 juillet de 23h à 1h du matin.
Préparez vous à poser des yeux éberlués sur Bordeaux que vous connaissiez si bien !
http://www.lesgrandestraversees.com/
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LYLEA à l’Espace 29
 Pour une transmutation de l’espace !
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LYLEA présente son exposition ZULU à l’Espace 29 du 3 au 17 juillet aux côtés du jeune graffeur TECK.
L’Espace 29 s’offre, se donne à voir autrement, transfigure son espace pour accueillir les créations de la débordante, de l’étonnante graffeuse, plus connue, et surtout appréciée, sous le blaz de LYLEA.
LYLEA investit cette nouvelle friche, ce nouvel écrin, quasi inhabituel, avec ses « Fly-Girls » : petits personnages féminins colorés, nacrés, galbés d’une positivité, d’une énergie convaincue et lancinante. Des femmes sans âges, des filles pétillantes, dans le vent, dans une espèce de mouvement fluide perpétuel qui envahit le lieu, le transporte dans une sorte de vitalité, de spontanéité qui, quelque part, rassure. Ces personnages sont pensés, fabriqués avec des codes inhérents à la culture « graffiti ». Il s’agit d’un style à part entière, tant subjectif qu’universel, profondément marqué d’une griffe, d’un sceau identifiable, largement reconnaissable.
LYLEA et ses petites femmes nous proposent une strate, une sphère artistique, culturelle qui vient de l’intérieur et pourtant qui touche l’épiderme directement, qui chatouille, grise notre imaginaire, le travestit, crée des stimuli sensoriels inédits, outrepasse les entraves journalières et quotidiennes pour amener dans une sorte de zone transitoire nouvelle, un exutoire qui transcende la morosité ambiante et souvent si tenace. Un message, des ondes ultra positives, incontestablement, hyper sensibles qui piquent au vif, qui offrent une douce alternative à laquelle on succombe aisément et quasi volontairement. Pourtant, on ressent une rudesse, une force brutale qui trahit cette envie d’en découdre, de se défaire de soi-même, de ces maux, de ces crasses internes qui polluent autant qu’elles intoxiquent. On l’entend bien, l’art, le travail, le concept de LYLEA transpirent, dégoulinent de corporalité. Il s’agit avant tout d’un art viscéral, où le corps, l’affect, la chair pourrait-on dire sont largement engagés, trempés jusqu’à la moelle. Il est avant tout question de donner vie, corps à une matière, de faire, de laisser vivre des personnages, de leur inventer un univers ; spectres urbains émigrés que l’on peut partager, toucher du doigt l’instant d’un vernissage, d’une exposition, d’une rencontre. Ici, la « Fly-Woman » manipule à sa guise ses petites nanas passant d’une humeur, d’une teinte, d’une attitude, d’une posture à une autre. Un processus actif profondément et joliment ancré dans la terre, dans le béton, le mortier de nos cités, qui s’engouffre dans une vie quotidienne certaine autant qu’il la bouleverse. Ainsi, pénétrez dans ce monde, cette couche, cette enveloppe colorée, revigorante et laissez-vous (sur)prendre au jeu.
LYLEA débarque à l’Espace 29, s’approprie les lieux, s’amuse à créer des décalages géographiques, se joue des frontières, brutalise et fait fi de la valse des étiquettes. Du Street Art, ou plutôt de l’Art Graffiti dans un espace intérieur, clos et marchand qui plus est. Qui a dompté, qui a apprivoisé l’autre ? Est-il aujourd’hui réellement pertinent de tomber dans ce genre de poncifs ? Ici, ces clivages semblent disparaître, se casser la binette pour mettre alors en exergue la notion de subtile mixité, de métissage et d’échange pérenne, on l’espère. Et c’est là toute la force et l’intelligence du travail de LYLEA. Un art doté d’une identité forte et pourtant qui s’adapte et qui a des démarcations poreuses aux lieux qu’il lui sont donnés d’investir. Il s’agit alors d’un travail, d’une approche protéiforme, double et beaucoup plus complexe que l’on pourrait alors l’imaginer.
Une expo à ne surtout pas manquer! Laissez-vous prendre au jeu, ne vous posez plus de questions, débarrassez-vous des préjugés « européano-théoriques » trop complexes et tortueux sur la question, laissez vous enivrer par ses formes, ses couleurs, ses femmes acryliques et rincez vous l’œil.
D.M
LYLEA ET TECK
Zulu
Art and Graffiti
Espace 29
Vernissage le vendredi 2 juillet à partir de 19h
Du 3 au 17 Juillet 2009
http://www.espace29.com
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Toute chose oblique
 Du 26 au 29 juin
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 Une impressionnante liste d’artiste dans une belle maison de campagne à Bouliac, des œuvres in situ, des éditions, mais aussi des interventions qui remplieront le lieu tout au long de la journée du 26 juin, voilà ce que nous propose l’exposition « Toute chose oblique », ouverte au public jusqu’au 29 juin.
Réflexion sur l’objet et le déplacement produit par l’intervention de l’artiste, « Toute chose oblique » présente des travaux pluridisciplinaires qui jouent sur notre rapport à l’objet quotidien, domestique, en réinventant des usages, des actions, des comportements. « Toute chose oblique » est une exposition riche d’objets imprimés, de multiples, d’installations. Et c’est dans l’accumulation des participations et des points de vue que va s’élaborer le propos, qui nous changera du format classique des expositions d’art contemporain.
En effet, l’essentiel de l’exposition va se dérouler de midi à minuit sur une journée. Les commissaires de l’exposition ont pris le parti de replacer les propositions dans un contexte vivant : des lectures, des conférences, des performances vont se dérouler à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. La plupart des œuvres seront consultables, activées, demanderont une attention particulière du regardeur.
Comme le travail du duo d’artistes Bevis Martin & Charlie Youle, qui présenteront deux sculptures-performances, dont une plateforme de jeu en temps réel en utilisant des fac-similés d’objets modestes et prosaïques, et un atelier pour apprendre à dessiner des œufs selon une technique géométrique bien particulière. L’artiste Julien Nédélec donnera à tous l’occasion de se transformer en super-héros de l’infini, Julien Berthier enterrera, quelque part sur le lieu de l’exposition, un marteau sans intention.
Rien de plus ne sera dit sur cette exposition ; il faut s’y déplacer et y participer en tant que regardeur actif.
Lauren Huret
Toute chose oblique
Du 26 au 29 juin
Au 130 avenue de la belle étoile, à Bouliac
Avec les œuvres d'Anna Hess, Boris Achour, Bevis Martin et Charlie Youle, Christelle Bonnet, Daniel Foucard, Jérémie Gaulin, Julien Berthier, Julien Nédélec, Paul Bernard, Rémi Roye, Rolf Julius, Sabrina Soyer, Sacha Béraud, Stéphane Bérard, Simon Quéheillard, Simon Rayssac, Yann Sérandour
Des navettes seront mises en place entre Bordeaux Ste Croix et la maison vide à Bouliac, tout au long de la journée du 26 juin.
Rendez-vous sur le blog :
http://toutechoseoblique.tumblr.com/ |

« Intersection avec le modèle »
 Une forme de rencontre avec l’Autre
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 Derrière les portes vitrées de la galerie ACDC, une sculpture étrange nous interpelle. Au moment où l’on pénètre dans l’espace d’exposition, l’œuvre « Intersection avec le modèle » de Pierre Labat se révèle, s’impose sous nos yeux de part sa monumentalité. Elle créée de ce fait un trouble. Que regarde-t-on ? Une œuvre d’art ? Le lieu dans lequel elle se trouve ? Pierre Labat nous donne à voir l’espace de la galerie dans un premier temps. Il s’agit d’une mise en abîme, c’est parce que l’œuvre tient les angles de la pièce et les suggèrent que l’exposition prend vie. Œuvre qui est en perpétuelle évolution qui se constitue en fonction du lieu en gardant en son cœur un cercle qui varie selon la grandeur de la pièce. L’œuvre bouleverse le lieu mais créée des affinités avec ce dernier, en effet, l’œuvre se veut en interaction avec les spécificités de la galerie. Se jouant des éléments physiques (mur blanc, hauteur de plafond, largeur de la salle), Pierre Labat propose une pièce qui défie les lois de l’attraction. Légèreté, suspension, poids deviennent les maitres mots de ce travail.
Œuvre interchangeable, plurielle, elle se veut en relation avec le lieu qui se magnifie. Il s’agit alors d’une fausse œuvre in Situ car elle évolue en fonction du lieu dans lequel elle se trouve. Elle se présente telle une succession de planches de bois, de couleur brute, se tenant les unes par les autres par un système de captation d’équilibre sans fixations externes à l’œuvre. L’œuvre se tient magistralement devant le visiteur, en offrant de ce fait un regard neuf sur le lieu de « monstration » de la sculpture.
Il s’agit d’une œuvre qui invite le spectateur à se projeter ou du moins à projeter son corps, à l’impliquer dans le processus de création. Chacun doit trouver sa place, sa posture, et créer de ce fait sa propre vision de l’œuvre et de son contexte environnant. C’est dans cette logique que le trouble, s’installe notamment via cette nouvelle conception de prendre en compte l’espace, une exploration quelque peu conceptuelle et minimale sans valorisation interne ou externe du lieu, de l’espace, ni de l’œuvre. Ce trouble se vit, se ressent autant visuellement que physiquement. Les deux univers sont soumis aux mêmes règles, aux mêmes lois et leur confrontation nous mène dans un milieu parallèle, régie par des forces invisibles qui jouent avec l’œuvre et son architecture, interagissent, en d’autres termes celui d’un espace ouvert sur le monde, une esthétique certaine, originale, inédite, unique.
Tout semble ne tenir qu’à un fil, tout est question d’équilibre. Le visiteur est dans l’attente imminente d’une hypothétique chute. Mais à l’instant T même de sa chute, l’œuvre n’a plus lieu d’être, elle est plus en possession de son essence, de son dessein, voire même de son aura.
L’œuvre est comme suspendue, le visiteur se protège, oscille sa tête de bas en haut, il est conscient d’être dans un espace en tension mais pourtant il reste, il est comme hypnotisé par « la majestueuse ». Pierre Labat dresse des ponts, des passerelles entre des objets usuels (difficilement identifiable de prime abord), de la vie quotidienne (les planches de bois qui sont utilisées dans la construction de charpentes) et un univers esthétique. L’artiste joue avec les dimensions, les outils et supports utilisés.
Tout se passe par et dans un geste sculptural simple et pragmatique. L’artiste crée un nouveau concept, on ne peut le qualifier de « minimal » et Marianne Derrien le qualifie ainsi : « Le déploiement de ses œuvres dans l’espace tente de toucher du doigt un nouveau « suprématisme », celui du blanc, de la forme dans l’espace. Travaillant constamment la troisième dimension, les œuvres de Pierre Labat s’immiscent pourtant dans une possible réflexion du plan pictural, de son histoire et de sa mystique. ».
Les échanges sont la matière constitutive de l’œuvre de Pierre Labat. Échanges avec le lieu, l’œuvre et le visiteur. Le geste, l’idée, le concept est d’autant plus essentiel que l’esthétisme final, que le rendu physique. L’œuvre de Pierre Labat se joue des comportements habituels éprouvés par le visiteur devant une œuvre d’art contemporaine, si tenté qu’il y ait des habitus spécifiques. L’œuvre n’existe que par l’activation du lieu et par l’interactivité émise par le visiteur. Le visiteur fait partie de l’œuvre, il est actif, il l’expérimente, « lieu où la stature humaine doit constamment s’éprouver, nous regarder, nous inquiéter » (Georges Didi-Huberman, « Ce que nous voyons, ce qui nous regarde », Paris, Les Éditions de Minuit, 1995). L’horizontalité se mêle à la verticalité, nos sens sont bouleversés, ils dérivent. Le lieu devient un espace d’expérimentation, un laboratoire d’idée en fusion où les différents plans sont mis en exergue.
Pierre Labat introduit des dimensions diverses et variées, mais celle du temps de l’expérience en est la plus fondamentale. La notion d’expérience s’apparente à un événement vécu, plus qu’une sensation, l’exposition créée une situation spatiale particulière qui nous déstabilise. Mais tellement fascinante !
"M"B
Jusqu’au 26 juin
Galerie ACDC
1, rue des étables
33800 Bordeaux
http://www.galerieacdc.com/
http://www.pierrelabat.net/
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Zigor, Formes Nues à La Base sous-marine [SCULPTURES]
 Des contours sinueux, à demi-nus
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 Depuis le 2 mai Zigor se montre, s’expose, expose ses formes, à l’intrigante et frissonnante Base Sous-marine, ses contours sinueux, incertains à l’aune d’une lumière lunaire qui révèle de façon parcellaire, à demi-nue les sculptures en bois de l’artiste basque. Des sculptures qui ne se donnent, qui ne s’offrent pas immédiatement. Ici, le créateur-sculpteur Kepa Akixo nous donne à voir une centaine d’œuvres, toutes réalisées entre 1990 et 2010. Trente années de créations, d’inspirations, de batailles, de luttes acharnées avec la matière, avec l’essence qui se laissent approcher, dévisager, déshabiller, apprivoiser en quelque sorte. Oui apprivoiser pourrait-on dire, car il s’agit de créations qui oscillent entre une multiplicité de formes, d’imaginaires, d’imageries, de volumes, de rythmes. Un travail, des œuvres d’abord irréductibles, complexes, abstraites qui bouleversent autant qu’elles « lavent » l’œil. Un art scindé, clivé, bousculé entre des tensions permanentes, tant déstabilisantes qu’envoutantes ; formes concaves, convexes, sensuelles, arides, rugueuses, espaces intérieurs, volumes pleins…Autant de contradictions qui forme moins une entité paradoxale qu’un tout pluriel, multiforme.
Vacillant entre stabilité, mobilité, mouvement, force, virilité et fragilité, l’artiste semble cultiver cette ambigüité doucement et fragilement voluptueuse. Au détour d’une salle, on pense apercevoir, voir des formes nues, découvertes, organiques, pourtant à la croisée d’une allée, d’un autre espace, on perçoit des formes différentes, maltraitées cette fois-ci, triturées, blessées. Un art abstraitement charnel, viscéral, physique. Tout parle, la chair, le ventre, le derme, toute notre couche supérieure semble être appelée, convoquée. Certains répondront présents, d’autres l’ignoreront. Une œuvre, des sculptures qui incitent à la caresse, moins qu’à la contemplation analytique et distanciée. Une œuvre tactile où l’on aime à sentir la sculpture convulser, s’échapper, nous défier tout simplement !
Une complexité, une délicatesse, une subtilité que Zigor cultive, travaille comme un forcené pour atteindre un paroxysme sculptural, formel. Des bois, des essences polies, repolies, résultant d’un art de la contemplation, émanant d’un désir, d’une aspiration profonde pour la pureté absolue de la ligne, du volume. Une exigence malgré tout palpable. Zigor travaille avec différentes essences (chêne, platane, châtaigner, cyprès…) sculptées dans un seul bloc. Un travail d’orfèvre, harmonique, une dentelle suavement sensuelle et pulpeuse. L’on aime à toucher, entrevoir ses formes dotées d’une intensité souvent si peu exploitée. Il s’agit ici de formes, de lignes vallonnées, rudes qui rappellent les racines basques de l’artiste. Il affirme à ce propos « en voyant mes sculptures on sait que je suis basque, elles correspondent à la géographie de ce pays et les gens en reconnaissent le paysage » et ajoute alors « le fait est que je me sens très basque. Quelqu’un de mon pays qui voit ma sculpture, sait que je suis basque ». Un travail ancré dans un lieu, un espace bien défini. Une géographie des corps, des sens et des volumes. Un art localisable, identifiable dans un certain sens ! Un savoir-faire, une main, une sculpture fascinante, dévoreuse, anthropophage à découvrir, voir, revoir, palper, tester, essayer, expérimenter presque !
D.M
Zigor, Formes Nues [SCULPTURES]
Exposition-sculptures
Du 2 mai au 4 juillet
Base Sous-marine
Entrée libre/ de 14h à 19h
http://www.bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal
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Rendre le son visuel !

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 Depuis le 15 avril et ce jusqu’au 22 mai prochain, la galerie Cortex Athletico, haut lieu de l’art contemporain, présente une exposition monographique de l’artiste allemand, Rolf Julius.
Né en 1939, dans le contexte d’après-guerre, Rolf Julius commence à explorer la musique contemporaine au milieu des années 70 afin d’approfondir sa perception du langage visuel. Et dès 1979, l’artiste élabore une série de propositions esthétiques qui lient le dessin à l’installation, la sculpture et le son mais également la vidéo et le silence. Ainsi, la démarche de Rolf Julius repose sur une double approche. A la fois sculpteur, dans l’agencement de matériaux plastiques simples et variés (pigments, poussière, cendres, fil de cuivre, pierres, bois), mais également par l’utilisation d’éléments récurrents tels que des haut-parleurs de diverses dimensions et des écrans vidéo et tout à la fois musicien, dans la réalisation de compositions électro-acoustiques, l’artiste est à la lisière des arts visuels et de la création musicale. Ses recherches se caractérisent par une subtilité, une finesse et par le lien qu’il parvient à établir entre la musique et la sculpture donnant lieu à des installations originales et singulières. Ces éléments assemblés, liés, mélangés servent d’interface à la vue, au touché, à l’appréhension d’un son. Les sens sont en exaltation et en totale symbiose.
A propos de son travail l’artiste explique : « Je n’ai pas grand-chose à voir avec la musique minimale elle-même. Enfin, je ne fais pas de la musique. Quand j’utilise des Buzzers dans mon travail par exemple, la musique est décidée par les matériaux. Le résultat devient de la musique minimale, mais elle est largement dépendante du système lui-même. Je réagis aux sonneries et fais ce qu’elles suggèrent. Quoi qu’il en soit, mes idées à propos de comment les matériaux déterminent les résultats sont très proches de l’art minimal. En fait, il y a dans l’art minimal l’idée de ce que le matériau lui-même signifie. Les matériaux, un morceau de feuille de fer et un morceau de musique, sont pour moi la même chose. La raison pour laquelle j’aime la musique minimale est sa vacuité. Comme un seul arbre à l’horizon. »
Ainsi, l’exposition « Under the surface » réunit des œuvres témoignant du caractère hybride de l’artiste. Les installations sonores de Rolf Julius développent, à travers une économie de moyen, une esthétique discrète à la limite du visible et de l’audible. Les œuvres agissent comme de véritables instruments de révélations des qualités propres des matériaux utilisés. En captant les sons qui nous entourent, l’artiste les retranscrit dans un lieu neutre tel une galerie en les rendant visuels et en les faisant correspondre à leur emplacement d’origine. Ce sont les matériaux eux-mêmes qui nous disent quelque-chose. Le visiteur est-il invité à une écoute attentive; peut-être vaut-il mieux alors s’accroupir jusqu’à se rapprocher de ce modeste paysage sonore. Il pourra ainsi affleurer de l’œil et sentir la réflexion globale du son sur la surface du sol, isoler certains fragments et parcourir tous les recoins de ce jardin électronique miniature.
Cette exposition est en quelque sorte un espace orchestré par les sculptures où le visiteur/auditeur peut déambuler, attiré tantôt par de sourdes vibrations provenant d’un ensemble de haut-parleurs placés et alignés au centre de la seconde salle (« Line », 2009), tantôt, par les crépitements de l’eau qui nous invite à la méditation et au repos ( « Glass (Water) », 2010).
Entre tremblements, crépitements et sursauts, le son devient visuel, les différentes modulations et fréquences nous sont transmises en images ; la musique se regarde comme l’explique l’artiste : « Je crée un espace musical avec mes images. Avec ma musique, je crée un espace imagé. Les images et la musique sont équivalentes. Elles rencontrent l’esprit du regardeur et de l’auditeur et, dans son intérieur, il en résulte quelque chose de nouveau. »
Tout en délicatesse, le visiteur découvre le bruitage intimiste de Rolf Julius, une poésie élémentaire de la nature.
M"B"
Jusqu’au 22 mai 2010
Galerie Cortex Athletico
http://www.cortexathletico.com/
Photos: "Courtesy Galerie Cortex Athletico"
Tableaux - 2010 et Line (Black) - 2009 |

Réserve Humaine d’Isabelle Kraiser à l’Artothèque de Pessac
 L'accueillante accueillie
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© Isabelle Kraiser
La photographe bordelaise Isabelle Kraiser présente jusqu’au 15 juillet son travail à l’Artothèque de Pessac suite à sa résidence dans la réserve Amérindienne de Mashteuiatsh au Québec. Dépassant les aprioris sur la vieille Europe, les Innus, membres de la communauté autochtone, se livrent en témoignant de leur histoire, partageant généreusement leur quotidien. La découverte de l’autre est pour l’artiste : une passion sans frontières. Le travail commence dès la rencontre, elle se dispose à un autre état d’âme, à un autre état d’être. Son écoute attentive et humble, propice aux rires, aux confidences fait d’elle une « passeuse ». Au delà des différences culturelles, les liens avec les Montagnais se nouent, une atmosphère d’intimité émerge. Réserve Humaine est un récit d’expériences, autant qu’une parole donnée à un peuple qui a souffert de la prohibition.
Isabelle fait connaissance avec spontanéité et écoute avec bienveillance en posant une seule question « qu’est ce que cela signifie être autochtone aujourd’hui ? ». Une bande phonographique retranscrit des témoignages douloureux, émouvants, loin du folklore et des clichés ethnocentriques. Dès le début, l’artiste comprend que la réalisation de son rêve est un parcours initiatique, « une quête ». Son art est celui de la rencontre : « J’écoute Thomas et je voyage dans sa mémoire ».
Au fil de son séjour elle découvre une situation territoriale, historique et culturelle complexe, aux enjeux économiques, écologiques et identitaires cruciaux. La réserve indienne bordant le lac Saint Jean est une enclave où le passé colonial est mémoire collective, au cœur de chaque génération, de chaque individu, toujours présent. Etre autochtone aujourd’hui, c’est relever un défit, vouloir son autonomie, son indépendance, œuvrer pour la reconnaissance d’une identité culturelle mise à mal, préserver un héritage, aller de l’avant, s’adapter à une sédentarisation forcée en perpétuant des traditions ancestrales.
Malgré les ravages de l’alcool, de la drogue, les suicides, la séparation des familles, les humiliations subies pendant la colonisation, leur sentiment d’appartenance à un peuple, à une culture, à la terre ne s’est jamais éteint. En dépit d’un processus d’assimilation imposé par la violence, la tradition qui les relie aux ancêtres ne s’est jamais perdue. Le Montagnais formellement interdit par le gouvernement à l'intérieur des pensionnats indiens a été préservé tout comme la connaissance du sol et de ses richesses, les techniques de la « trappe », de la pêche, de la culture sylvestre. Subsistent la danse du Pow-wow célébrant la vie, les croyances religieuses séculaires et les rites cérémoniaux transmis aux jeunes générations.
Au-delà de témoignages bouleversants, nous découvrons chez les Innus une incroyable force d’être, un désir de participer au développement du Québec en préservant leur culture un savoir vivre instinctivement dans le respect de la nature, dans la gratitude, la préservation des droits ancestraux. Pour se relever d’un passé douloureux, les Innus ont compris que l’essentiel était de raviver un sentiment d’appartenance mis à mal, et cultivent ainsi la fierté de leur origine : « il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va ». Car exister par son peuple est un acte de survie : « il faut briser les chaines au bon endroit ».
L’artiste nous explique dans son carnet de voyage : « A Mashteuiatsh, il y a une volonté de laisser la place aux gens qui créent, de donner de l’attention à leur sensibilité, de valoriser et transmettre. Les artistes œuvrent vers une créativité vraiment contemporaine ». Pour Isabelle Kraiser, la culture se vit comme une plateforme d’échange, de partage où se remuent et se confrontent les perceptions. Ce n’est donc pas un hasard si les artothécaires Anne Peltriaux, Corinne Veyssière, Christelle Seguin et Alexandre Castéra ont accompagné Isabelle Kraiser dans son projet.
Réserve humaine, un travail artistique remarquable, à voir, à lire, à écouter, et surtout à ne pas manquer ! Alors pas de « chicanes » tous à l’artothèque !
L.B
http://reservehumaine.blog.free.fr/
http://chezmoicheztoi.blog.fr
http://isabelle.kraiser.free.fr
www.dhabitude.com
www.lesartsaumur.com
Exposition du 6 Mai au 15 juillet
Rencontre avec l’artiste le 17 juin à 20h
Les arts au mur, Artothèque - 16 bis avenue Jean Jaurès 33600 Pessac -05 56 46 38 41
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Recent Works de Nicolas Julliard - Jusqu’au 20 mai à la Winery
 Promenade pour un câlin…
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 Depuis 2001, Nicolas Julliard, artiste plasticien bordelais, crée les Pelomorphes. Volumes textiles, véritables doudous à taille humaine, œuvres d’art hautes en couleurs, les Pelomorphes sont des étranges créatures humanoïdes au pelage varié, allant de la fourrure flashy seventies au skaï doré. Une étrange espèce de sculptures quelque peu animale, des formes anthropomorphiques, sans yeux, sans nez, sans bouche, mais pas dénuées d’expression.
La Winery d’Arsac présente actuellement Recent Work, une exposition interactive dans laquelle le public est invité à interagir, à entrer en contact physique et émotionnel avec l’œuvre.
Free Hugs (Câlins gratuits) est une installation composée de quatre Pelomorphes semblant inertes accrochés à la cimaise par des portants. Le visiteur est convié à les décrocher, à les déposer sur un cube blanc pour les câliner, les cajoler, leur donner vie et faire d’eux des doudous, le temps d’une rencontre. Nous sommes par là même invités à jouer avec les codes de la scénographie d’exposition, de la sculpture traditionnelle et ceux de son univers muséal. Ici, des frontières sont littéralement mises en jeu. Cette proposition artistique interroge l’accessibilité de l’œuvre en tant qu’objet manipulable, la possibilité et la capacité du public à s’approprier l’œuvre, à la détacher pour s’y attacher.
La cabine est un dispositif invitant à oser pénétrer dans un espace cubique sombre pour vivre une expérience intime avec un Pélomorphe noir. Nous pouvons librement le rencontrer, s’asseoir à coté ou en face de lui, lui confier des secrets, être en contact direct, jouer avec lui. L’artiste instaure un dialogue entre le public et l’œuvre, interroge l’affect car se ravivent alors des émotions, du vécu. Cette expérience avec les Pelomorphes nous amène à poser un regard d’adulte sur un objet perdu, celui de l’enfance. Il ne s’agit pas de réduire les Pelomorphes à des peluches ludiques. Ces œuvres plastiques mises en contexte prennent la forme de personnages « adultisés », impliquant un discours psychanalytique.
Pour appréhender la dimension théorique du travail de Nicolas Julliard, posons nous une question simple : qu’est ce qu’un doudou ? C’est un objet choisi et utilisé par l’enfant, qu’il s’approprie peu à peu pour l’investir du rôle de présence rassurante. Le doudou, le nounours, est un ersatz au réconfort maternel, un palliatif lui permettant d’affronter les angoisses que peuvent occasionner ses premiers pas vers la découverte du monde extérieur. Cet objet culte que les enfants transportent avec eux à la fois comme un petit bout d’eux même et du monde extérieur, les accompagne vers l'objectivité, l’autonomie et la rencontre de l’autre. C’est un objet intrinsèquement médiateur, créateur d’interactions sociales, d’espaces d’expériences riches et essentielles à la perception de la réalité non fantasmée. Le doudou, est donc un « objet transitionnel » ; une notion élaborée et développée par Donald Woods Winnicott, psychanalyste anglais qui s’est s’intéressé aux enfants affectivement déprivés d’affection au sortir de la deuxième guerre mondiale.
Le 25 avril dernier Julie Benedetti a présenté à la Winery une performance collaborative intitulée Anima exp. Invitée par l’artiste, la danseuse donna vie à un Pelomorphe, sur une bande sonore de Nebulo. L’écriture chorégraphique évoque un rêve, un réveil, un éveil et retrace avec délicatesse les étapes de l’évolution de ce lien fusionnel qui relie au doudou. Un duo original pertinent et touchant. http://www.dailymotion.com/video/xd35vk_anima-exp-winery-2010_creation
Grâce au doudou nait pour l’enfant la possibilité de percevoir un objet nettement distinct de lui. Progressivement désinvesti, le rapport de l’enfant au doudou laissera peu à peu la place à la curiosité, l’imagination, la capacité de créer, à l’éveil culturel.
C’est ainsi que, par son travail, Nicolas Julliard, questionne l’acte même de la création vécu comme le prolongement de cette très particulière relation que l’enfant tisse avec son doudou. Il déplace cet emblématique objet transitionnel dans la relation public/artiste, public/œuvre, créant ainsi un dialogue. Il questionne notre rapport plus ou moins distancié à l’œuvre et à la charge affective qu’elle peut contenir.
Décrocher une œuvre d’art contemporain et la prendre dans ses bras, faire un câlin à un doudou géant ! Un challenge pour les uns, une aventure à tenter pour les autres, un privilège pour sûr. Que l’on franchisse le pas ou pas, que l’on soit pudique, à l’aise, timide ou téméraire : une expérience artistique à vivre.
LB
La Winery d’Arsac - Rond Point des Vendangeurs - 33460 ARSAC - 05 56 39 04 90
Du mardi au samedi- de 10 h 00 à 19 h 00 - Entrée Libre
Depuis Bordeaux : Rocade, sortie N°8, direction Le Taillan puis Castelnau-de-Médoc.
Covoiturez jusqu’au 20 mai ! Un rendez-vous artistique à ne pas manquer !
http://www.nicolasjulliard.com - http://www.winery.f
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Marie Minot à l'espace 29!

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Marie Minot présente ses œuvres à l’Espace 29 pour sa première exposition personnelle, Millefeuille (jusqu’au 15 mai 2010, hâtez-vous !). Elle expose, s’expose, se dévoile, dissémine son travail au sein de l’espace d’exposition, contamine ce dernier, le met en scène et propose enfin une interface artistique, comme une sorte d’entre-deux.
Marie Minot, artiste, plasticienne, créatrice, femme bordelaise, diplômée des Beaux-arts de Bordeaux en 2006, a déjà participé à plusieurs expositions collectives telles que « Crise de foi » en 2008, à l’Université Bordeaux Segalen, « Picture Disc », en 2009, au Café Pompier, ou encore lors de l’exposition collective de l’Espace 29 au Salon des Antiquaires et de l’Art contemporain en 2010.
Dans cette exposition, Melle Minot a opté pour le photomontage numérique. En réalité, il s’agit moins d’un choix accidentel que d’une réelle rencontre, réflexion sur ce support qu’elle affectionne tout particulièrement depuis plusieurs années déjà. Dans ces paysages numériques glacés et solennels, des personnages impersonnels, instables flottent dans un suspens vibratoire et saturé. Au fil des œuvres, l’on croise des formes, des silhouettes sans tête, des corps sans noms, figés, comme suspendus dans des sphères neutres, indéfinissables, agréablement dérangeantes et pourtant si étrangement familières. Une subtile ambigüité visuelle en noir et blanc tantôt violente tantôt réconfortante, sublime et parfois terrifiante. Des femmes amazones, hybrides, des corps déformés, triturés. Miroirs aux alouettes, sirènes tentatrices de nos propres désirs refoulés, névroses d’une société si dangereusement consensuelle et contenue. Marie Minot nous présente, nous lâche à la face des créatures ravageuses, doubles de nos propres fantasmes bafoués. Filtres photographiques, numériques qui nous rappelle les univers « bellmerien », hollywoodiens d’ Hockney, les œuvres photographiques de Nan Goldin ou encore les atmosphères objectivement morbides et oniriques de Chirico. Pourtant, Marie Minot semble transcender ces références, les outrepasser, pour créer sa propre identité, une autre zone artistique, bipolaire et lunaire où le sentiment d’inquiétante étrangeté règne.
En effet, elle se détache de tous ces modèles de par la complexité de son travail, sa démarche et son discours. Une esthétique plurielle, fluctuante, incertaine, aux contours volontairement impalpables et perpétuellement fuyants. Ces montages numériques constituent des filtres distanciés d’une réalité rêvée, vécue, ressentie, imaginée. Objets visuels non identifiés, lieux de tous les possibles, simulacres mentaux, impostures qui sont autant de réponses émotionnelles à un imaginaire collectif contourné, détourné, déplacé, sublimé, et sacralisé. En dépit d’une distanciation créée par ces photomontages, un flux incessant de sensations nous envahit et nous englobe. Angoisse, gêne, identification, nostalgie… à la fois repoussoirs et émotions douces et enveloppantes. Marie Minot aime à brouiller les pistes, et c’est là toute la force et la singularité de son travail. Un art schizophrénique oscillant entre différentes voies : constructions fictives versus constructions mentales subjectives, affect vs distanciation, disproportion vs équilibre, sublime vs obscène… Une esthétique scindée par de grandes dichotomies, qui par ailleurs ne sont pas antinomiques, mais au contraire s’emboîtent, cohabitent formant ainsi une harmonie précaire et éphémère. Une artiste qui se joue des catégories, les fout au placard. Jeu des chaises musicales, elle fabrique, confectionne avec minutie des univers anachroniques, parallèles et profondément imprévisibles.
Millefeuille
Marie Minot
Jusqu’ au 15 mai 2009
Espace 29
http://www.espace29.com
D.M
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