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Dimanche···[ 05/09/2010]

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10:00 - Arc en rêve, centre d'architecture

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10:00 - Musée National des Douanes

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10:00 - Bibliothèque Municipale de Bordeaux

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11:00 - CAPC (Musée d'Art Contemporain)

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14:00 - Site des Terres Neuves

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14:00 - 22 Rive Gauche

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15:00 - Le Grand Parc





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  Cinéma  


Tournée de Mathieu Amalric

En ce moment au cinéma
Dans Tournée on plonge dans le blanc des yeux de grandes divas du New Burlesque et de leur producteur français parti les faire découvrir à son pays natal.

Elles, dissimulent des secrets sous leur faux-cils et leurs paillettes bariolées que l'on ne connaitra jamais, car elles-mêmes les ignorent, ayant glissé de l'autre côté du réel, en représentation perpétuelle, interprétant sans relâche le show qu'elles ont écrit. Arborant leurs corps pulpeux, gras, massifs, tatoués, lors de strip-tease vulgaires, poétiques ou comiques, elles entretiennent les masses comme la Vierge Marie dans un style tout aussi dépassé. Leurs cris de volaille, leurs larmes discrètes, supplantées immédiatement par un rire posé sur un rouge à lèvre pourpre ponctuent le film qui fait reluire sans cesse dans l'obscurité leurs boas roses, leurs léopards et leurs plumes de gala. Leur beauté scintille de par son décalage avec celle des poupées qui hantent toutes nos images d'aujourd'hui : une beauté faite de culs énormes, de chair dégoulinante pressée par les strass, de rires assourdissants, d'audace, de sex appeal formidable...Une beauté ultra féminine et couillue.

Avez-vous déjà vu Mimi Le Meaux, Kitten on the Keys, Dirty Martini, Julie Atlas Muz et Evie Lovelle déshabillées sur scène, la tête dans un ballon, les seins sous un drapeau américain, une guirlande dans le minou, attaquées par une main de zombie ? Développerez-vous la même fascination que lui, sur le seuil en coulisses, petit sous son costume noir, pathétique sous sa moustache, renard sous sa cigarette ?

Lui, c'est celui qui nous les amène sur les bords de la France, dans une tournée des ports. Ancien producteur de télévision, il a précédemment rejoins l'Amérique où il s'est entiché de ces demoiselles. On ne sait si elles sont le prétexte qui lui sert à revenir en France ou si la France est le prétexte qui lui sert à rester avec elles. Le fait est que dans tous les cas, ce pays qu'il croyait sien, où il pensait retourner comme on retourne chez soi, accueilli à bras ouvert et familier partout, le rejette avec une hostilité des plus agressives. Il semble avoir laissé un terrible souvenir à tous ceux qu'il a laissé. Des dettes, des griefs, des rancunes viennent lui sauter au visage. Il est un corps étranger et indésirable pour ses anciens collègues, ses enfants, ses ex et ses fans qui lui rappellent toute son indignité, sa petitesse et son manque de scrupules.

Alors mal rasé, l'œil au beurre noir et ivre mort, il se cherche un foyer. Sa maison devient le spectacle mouvant et hystérique qui poursuit son chemin sans relâche ainsi que le corps, l 'élégance et le sens de l'humour de ces femmes qui ne retirent jamais leurs apparats. Dans l'artifice, le rêve et l'illusion qui recommencent chaque soir il fait son nid maladroitement, en perpétuel mouvement. La vie sans regrets, sans remords, sans souvenirs...

Amalric et les divas sont à suivre entre deux rideaux depuis Le havre jusqu'à Toulon, dans un univers qui touche le fond de la médiocrité et l'orée du divin. Mais ne restez pas trop longtemps...vous pourriez vous attacher....


Cécile Eveno

Article paru le (01/07/2010) - Numéro : N°74 - Juillet-Août 2010  

CINEMA : Dans ses yeux


Aux Oscars cette année on attendait Haneke ou Audiard sur la scène primé, mais ce fut Juan José Campanella, réalisateur argentin déjà nommé en 2002, qui décrocha la récompense pour son film Dans ses yeux. Ce film, pourtant, ne sait pas par quoi commencer, hésite à ses débuts entre mille possibilités, comme son héros qui tente désespérément d'écrire un premier roman et ne sait comment aborder l'histoire qui l'obsède. Ce film ne sait pas non plus comment continuer, lui qui nous trimballe entre la passion, le suspense, l'horreur et le rire. Enfin, il ne sait pas finir, mais on ne peut vous en dire plus à ce sujet. Ce qui est sûr au milieu de cet étonnant désordre entre les époques et les genres, c'est que la cohérence demeure totale et l'intérêt pour le spectateur croissant.

D'abord on assiste à une scène romantique narrée par un homme amoureux qui regarde à la lumière de l'aube sa femme lui sourire en lui apportant le thé, puis le cadre idyllique se floute en même temps qu'une feuille est froissée et l'on se retrouve nauséeux devant une scène atroce de viol, avant d'être subitement propulsé dans les bureaux de fonctionnaires comiques qui se chamaillent... Mais où veut-il en venir, celui qui conduit ce film en équilibre entre la comédie, le mélodrame romantique et le thriller ? Là est son génie en tout cas : il ne trébuche jamais malgré le péril qu'il y a à jouer sur tous ces tableaux à la fois, en alternant le ton de façon imprévisible.

Benjamin Esposito est un fonctionnaire de la justice à la retraite, dans le besoin pressant d'écrire un roman sur un affaire criminelle de 1974 qui ne l'a pas laissé en paix jusqu'ici. A cette époque, il se trouvait mêlé à l'enquête sur le viol et le meurtre d'une jeune fille avec l'aide de son assistant alcoolique et sous la direction d'une juge ténébreuse et divine qu'il aimait en secret. Dans le contexte sombre de la guerre sale en Argentine où les services se font concurrence, des innocents sont torturés, des coupables relâchés pour servir la dictature et des dossiers brulants sont classés sans suite. En attendant, un homme s'assoit tous les jours sur le quai d'une gare en espérant que le tueur de sa femme apparaisse, un autre s'enfonce dans le whisky qui le fait rire, qui le passionne, et un dernier poursuit sa quête de la vérité comme si la femme de sa vie ne partageait pas son bureau...

Finalement c'est un film sur la passion et la mémoire. Tout homme peut changer d'opinion, de travail, de famille, de parti politique, voire de visage, mais nul ne peut changer de passion. Celle-ci , telle une manie indépassable, poursuit et trahit son détenteur. Tout homme peut cultiver la mémoire d'une personne, d'un instant, ou la fuir pour y retourner bien trop tard, mais nul ne saurait oublier facilement, doucereusement, sans avoir compris, sans avoir su, sans avoir fini. Vous aurez mille passés et pas de futur : telle serait la conclusion d'un film qui n'a pas de morale, mais qui aura tenté avec une légèreté hilare et tendre de cerner l'homme tel qu'il vieillit avec ses fantômes et ses obsessions.

Cécile Eveno

Article paru le (01/06/2010) - Numéro : N°73 - Juin 2010  

CINE BD CONCERT Sayag Jazz Machine

Plusieurs ciné-concerts nous avaient déjà transportés de par l'exacerbation de sensations que provoquaient les musiciens, aussi divers soient-ils, en action sur un film muet, mais là il s'agit de l'étape supérieure, car nous sommes face à une création totale, à un spectacle pluridisciplinaire absolu. Les membres du groupe jazz-electro n'ont en effet pas composé pour une œuvre cinématographique finie en se superposant à elle, mais ont eux même réalisé un film à partir d'une bande dessinée de Fréderic Bezian en même temps qu'ils en créaient la bande originale et mettaient en scène un florilège d'écrans et d'effets de lumière pour parfaire la représentation ainsi imaginée de bout en bout.
Bezian a le trait abrupt et la réplique rêche, ses scripts sont noirs et d'une tension psychologique continue. Les cernes des personnages sont marquées, leurs cheveux décoiffés, leurs bouches effacées. Les paysages sont simples et sombres, les espaces immenses, trop propres et propices au pire. Garde Fous se déroule principalement dans une riche villa, refuge de la haute bourgeoisie cultivée, prison dorée, sépulcre possible, piège certain. Là apparait un flic cynique et méprisant, obsédé par le tueur en série qu'il poursuit à travers l'Europe, et venu prévenir les éditeurs propriétaires que la maitresse de maison pourrait bien être une prochaine victime. Celle-ci, en parallèle, édite le thriller d'une vieille femme inspiré par les crimes abominables du psychopathe en question, entretient d'étranges conversations avec un pêcheur triste et fricote avec son stagiaire sous les yeux noirs de son mari.
Dans le spectacle Regarde-fous ce thriller psychologique aux accents morbides et littéraires transperce les barrières de la bande dessinée et s'anime sur de longs plans qui zooment et dezooment sur les regards des personnages inquiets ou inquiétants, entrecoupés par des pauses noires lorsque seule la musique entretient le suspense. C'est Sayag jazz machine qui en est le maître. Les musiciens, délibérément placés devant l'écran sont autant de scénaristes qui manipulent notre angoisse. Un accordéon, une clarinette, un violoncelle, une flûte, des scratchs et un sorcier aux commandes électroniques déclinent nos émotions au fur et à mesure que les images nous tendent surplombées par des voix d'acteurs formidables. Pour nous emporter un peu plus, des spots nous mitraillent, nous éblouissent, déguisent les musiciens de plusieurs couleurs et les écrans se multiplient, des cinq petites télés à même le sol au triptyque sur le mur, en nous étourdissant de différentes perspectives.
La performance est unique, certaines phrases, accords ou lumières résonnent encore bien plus tard comme un écho. Tandis que le public secoue la tête pour réaliser et rentrer dans un univers plus familier et tranquille, le spectacle part en tournée : c'était jeudi 27 au Casino Barrière, ce sera le 22 juillet à Seicq (17) au festival de la Motte pour ne prendre qu'un exemple à suivre absolument...

Cécile Eveno

Article paru le (01/06/2010) - Numéro : N°73 - Juin 2010  

Faut pas s'en faire !

Le printemps des ciné-concerts bourgeonne encore, et Happe:n indiscret s'est faufilé une deuxième fois dans un de ses spectacles. La cour Mably affichait cette fois complet pour accueillir le burlesque Harold Loyd et le compositeur haïtien Carlton Rara. Il faut dire que ce jour là, quand mai avait enfin daigné s'adoucir, il faisait terriblement bon voir un film en plein air, bercés par des musiciens discrets, cerclés de majestueuses colonnes de pierre blonde.

En effet la cour Mably, retranchée derrière le Grand Théâtre, digne et magnifique, offrait un cadre splendide pour cette soirée. Les cieux complices avaient également décidé de se montrer cléments et chacun pu prendre place avec le sourire calme des beaux jours pour voir les péripéties comiques de l'acteur populaire américain. Quand la nuit fut tombée, le projectionniste enclencha la magie, en même temps que les trois musiciens qui empoignèrent guitare et percussions pour accompagner les acrobaties de l'insouciant Harold Loyd.

Digne de ses confrères Chaplin et Keaton, celui-ci nous fit rire à chaque fois que son personnage chutait, grimaçait, agissait ou trouvait une idée. Le film, non dépourvu d'imagination et de moyens, mettait en scène un quiproquo après l'autre au cœur d'un coup d'état latinoaméricain. L'histoire était burlesque dés le début : Harold Van Pelham, milliardaire hypocondriaque, persuadé d'être atteint de toutes les maladies sauf de la variole, décide de partir se reposer sur une île paradisiaque accompagné d'une infirmière amoureuse. Or sur cette île où tous les habitants portent des sombreros, un méchant américain fomente une révolte pour mettre à bas la démocratie et déclenche une guerre civile. Une fois descendu de son bateau, Harold restera persuadé d'être au paradis malgré les terribles violences qui l'entourent et auxquelles il va participer presque sans s'en rendre compte en sifflotant. Protégé par un colosse qu'il a rencontré en prison et doublé de son infirmière déguisée en guerillero, il va vivre un séjour des plus tumultueux, envoyant au tapis des milliers d'hommes au petit bonheur la chance. Quoiqu'il arrive, son costume reste impeccable, il remet son chapeau avec élégance et ses grosses lunettes rondes demeurent sur son nez, alors pourquoi s'en faire ?

Nous étions si pris par ses exploits que nous en oublions la musique qui se faufilait discrètement autour de l'écran pour l'enrober. Un moment léger par excellence, enfin le mois de mai était arrivé !

Les ciné-concerts continuent jusqu'au 30 mai, voir le programme sur www.jeanvigo.fr

Cécile Eveno

Article paru le (01/05/2010) - Numéro : N°72 - Mai 2010  

CINE CONCERTS : Le fantôme de l'Opéra hante le palais des sports

Lundi 10 mai s'ouvrait le printemps des ciné-concerts avec Le fantôme de l’Opéra projeté au Palais des sports au dessus d'une myriade de musiciens de l'Orchestre national de Bordeaux, accompagnés du trio K/D/M, de Dj Flamen et de la soprano polonaise Elzbieta Szmytka. Le centre Jean Vigo évènements avait commandé une composition originale pour le film muet de Rupert Julian inspiré du roman de Gaston Leroux à Pierre Thilloy.

Celui-ci s'est donné la lourde tache de mêler les instruments symphoniques à la musique électronique, à l'accordéon et aux percussions, pour un résultat unique et émouvant. Alors qu'un film muet peut être parfois difficile à regarder à une époque ou les effets sonores sont omniprésents dans le cinéma, marquent le rythme et forgent l'émotion, la performance musicale de ce soir-là obligeait le spectateur à s'accrocher au film, à s'y étouffer, à s'y noyer. Plus de quatre-vingt musiciens faisaient trembler de tout leur talent et de toute leur énergie l'écran qui les surplombaient. Pas une seconde de relâchement ou de distraction n'était permise tant la tension de l'orchestre était contagieuse, tant leur don en direct ravivait les images, portait la tragédie d'Erik, plus connu sous le nom du fantôme de l'opéra.

Le film, pour ceux qui ne l'ont pas déjà vu, était tout aussi remarquable que la composition. Bénéficiant d'un gros budget pour l'époque, les décors et les costumes étaient fascinants, du monstre caché dans des souterrains aquatiques pareils à une Venise infernale aux corps de ballet foulant l'Opéra Garnier en passant par la foule bourgeoise accoudée aux balcons et le bal masqué frivole et coloré. La mise en scène n'avait rien à envier au maquillage et aux lieux reconstitués, tant elle était vivace et expressive, à même de rendre parfaitement la farce, la peur et la violence. Le troisième atout de cette adaptation était l'acteur principal Lon Chaney, surdoué de la pantomime et du déguisement, qui a su faire du fantôme un être difficile à cerner, touchant et terrifiant, pathétique et diabolique.

Tout se passe au sein même de l'opéra depuis les catacombes jusqu'au paradis en passant par les coulisses et la périlleuse scène. Tout commence par l'arrivée de nouveaux propriétaires qui découvrent en même temps que nous la légende du fantôme, puis commencent à subir ses menaces. Le fantôme en effet préside et inspire tout à l'Opéra où chaque employé lui obéit et disperse sur son compte une série toujours plus floue de rumeurs. Qui est-il, cet être mystérieux, influent, et supposé monstrueux ? Que veut-il à la jeune cantatrice qui l'appelle son maître ? S'avèrera -t-il pour ceux qui le croisent terriblement dangereux ? Le film ne répond qu'à la fin à ces interrogations qui montent pour traiter en frôlant le fantastique de thématiques classiques telles que l'amour impossible, l'incompréhension et le rejet.

L'œuvre musicale, quant à elle, d'une liberté étonnante, épousait le film sans s'y soumettre, et c'est ce qui faisait son génie. Exaltant le suspense, l'angoisse et la terreur que le fantôme de l'opéra inspirait, elle n'était cependant pas calée sur les images, les plans et le montage de façon attendue. D'une part l'orchestre ne reprenait pas forcément sa respiration au même moment que le film et d'autre part, lorsque nous pouvions voir des images légères, la musique préfigurait déjà le drame, créant des décalages perturbants et intéressants. Ainsi l'orchestre parfois semait le doute et parfois prenait l'intrigue à bras le corps pour en augmenter les effets et nous subjuguer. Le film à lui seul, nous savions tous comment il finirait, mais doublé de ce concert, il devenait imprévisible et excitant. Ainsi Pierre Thilloy nous manipulait et nous suivions sans broncher son interprétation du film qui n'avait rien d'un accompagnement mais tout d'une réecriture.

Au palais de sports, lundi 10 mai, on était pour commencer inconfortablement installé sur des fauteuils en plastique, puis on s'est envolé pendant une heure et demi avec la voix de la soprano, les violons en chœur, les plaintes de l'accordéon et les samples du DJ, séquestrés que nous étions par Erik sous la terre, avant d'en sortir chamboulés et émus par le travail minutieux de Pierre Thilloy et le destin cruel du fantôme.
Projection incontournable, interprètes en transe, public happé et bouleversé, pari réussi. Le printemps des ciné-concerts ne fait que commencer, laissez-vous emporter...

Toute la programmation jusqu'au 30 mai sur http://www.jeanvigo.com

Cécile Eveno

Article paru le (01/05/2010) - Numéro : N°72 - Mai 2010  

Cinema : NEW YORK I LOVE YOU !

Le producteur Emmanuel Benbihy rajoute une autre perle à son fil après Paris je t'aime et avant Shanghai Wo Ai Ni en réunissant sur le même principe onze réalisateurs en liberté aux quatre coins de la grande ville américaine. Cette fois les courts métrages perdent leur autonomie et sont habilement filés pour ne faire qu'un et former une sorte d'album partial et partiel de New York où n'auraient été gardés que les instants fragiles et précieux des parades amoureuses de certains êtres microscopiques égarés dans la congestion urbaine.

Contrairement au premier volet, ont été choisis des réalisateurs plus méconnus et majoritairement étrangers qui ont su peindre avec originalité et intelligence des couples comme on en avait jamais vus grâce à une caméra toujours délicate, douce, presqu'embarassée. Sur un vent léger mais sérieux, on est porté par les différentes vignettes qui se succèdent et se font des clins d'œil jusqu'à ce que la fin qu'on n'a pas vu venir nous demande de quitter le sol New Yorkais et ses petites rencontres miraculeuses.

Fatih Akin , Yvan Attal , Allen Hughes , Shunji Iwai, Wen Jiang , Shekhar Kapur , Joshua Marston , Mira Nair , Natalie Portman , Brett Ratner et Randall Balsmeyer sont les artisans de ces bribes de vie immortalisées. Le film commence par une engueulade dans un taxi entre deux inconnus, puis nous assistons à un duel virtuose entre deux pickpockets conquis par la même femme, avant d'espionner le coup de foudre entre deux négociants en pierres précieuses, l'une juive et l'autre indien. L'amour sera décliné de mille façons depuis la première expérience d'un lycéen avec une handicapée au couple de septuagénaires cocasses se baladant péniblement pour fêter leur anniversaire de mariage. Le film passera aussi par les flux de conscience de deux amants surpris par leurs ébats sauvages, le trop sublime discours de séduction d'un écrivain à une jeune femme tacite dont il vient d'allumer la première cigarette, les douleurs des mariés qui ne savent plus comment se plaire, le désespoir d'un musicien en recherche d'une lectrice et la tendresse d'un moment passé entre un homme et une petite fille à Central Park. Deux courts se distinguent particulièrement dans ce florilège de portraits : celui de Fatih Akin, qui seul évoque la solitude et l'indifférence propre aux grandes villes dans les yeux d'un peintre dont le rêve américain n'est plus qu'un vague souvenir et qui trouve au hasard de son désespoir sa dernière muse, et celui écrit par Anthony Minghella qui dévoile derrière un rideau blanc la tristesse troublante de dignité d'une ancienne cantatrice et d'un groom boiteux. Ces deux derniers constituent peut être des moments de grâce au cours de ce film qui néanmoins réussit le pari d'être égal et cohérent malgré la pluralité de ses scénarios et de ses auteurs sous le regard coquin d'une malienne filmant au hasard ceux qu'elle croise et ne connait point.

L'ambition est plus modeste que pour Paris je t'aime, il n'est pas question de tenter une compilation de dioramas sensés recouvrir de façon exhaustive toutes les classes sociales, toutes les races, les sexualités, les problématiques caractéristiques de la ville, et du coup c'est mieux réussi. Les réalisateurs ont eu la liberté d'apporter leur goutte d'eau pourvu qu'elle soit belle autour du thème de l'amour sans soucis de quotas et sans ambition panoramique. Le résultat est délicieux parce que précisément modeste, n'en déplaise à toutes les critiques qui se sont crues obligées de préciser que New York, ce n'était pas que des gens relativement aisés, blancs et hétérosexuels. Certes. C'est une évidence, et ce film ne prétend pas le contraire, il s'agit d'une réunion de talents de l'ombre poussés par une démarche proprement artistique et non sociologique. Ce film a donc la seule prétention de faire du bon cinéma, New York est un prétexte comme un autre pour ce faire, et nous l'en remercions.

Jusqu'au 8 juin à l'Utopia


Cécile Eveno





Article paru le (01/05/2010) - Numéro : N°72 - Mai 2010  

Cinema : AJAMI, où se côtoient juifs, chrétiens et musulmans

« A trois tu ouvriras les yeux et tu te réveilleras ailleurs...Un...Deux...Trois....Ouvre les yeux. » Telle est la prophétie de l'enfant devin qui conte ce film au moment où il est prêt de s'achever, lorsqu'il ne reste plus au spectateur que quelques secondes avant de quitter ce quartier sud de Tel Aviv où cohabitent sous haute tension juifs, chrétiens et musulmans. Le spectateur reprend conscience dans la salle le souffle coupé par le récit de ces destins croisés dont le dénominateur commun est la violence mafieuse, raciale ou politique. Dans la lignée du brillantissime Amours chiennes, ce film chorale brise en morceaux trois drames complexes avant de les réassembler à la fin pour notre plus grand vertige.

A Ajami, le crime est endémique, les communautés s'étudient et se manipulent dans un climat général de défiance et de rapports de force. Les liens amicaux, amoureux ou familiaux, qui transcendent parfois les barrières religieuses permettent aux habitants de tenir mais les menacent aussi bien souvent de les tuer. Tous ont la gâchette facile et ceux qui ne cherchent que le bien et la paix sont condamnés à mal finir. Prendre les choses à la légère pour cette population mixte est à la fois dangereux et nécessaire puisqu'il s'agit du quotidien auquel on n'échappe pas.

Tout commence par une mort injuste : un adolescent assassiné dans le cadre d'une vendetta. Omar, son voisin musulman, aurait dû être tué à sa place. Son crime : avoir un oncle ayant tiré trop vite sur l'un des membres d'un clan mafieux arabe. Depuis, il est poursuivi partout. De nature volontaire et courageuse, malgré sa jeunesse et son inconscience, il va chercher coûte que coûte à se protéger, lui et sa famille, de cette épée de Damoclès. C'est grâce au soutien d'un puissant arabe chrétien, patron de restaurant, maire de la ville et accessoirement père de sa fiancée secrète, qu'il obtient une trêve en échange d'une grosse somme d'argent qu'il a un mois pour verser.
Par ailleurs on fait la connaissance dans un autre chapitre de Malek, palestinien clandestin, venu chercher dans le restaurant d'Abu Elias cité plus haut, du travail et un soutien financier pour sauver sa mère gravement malade. Dans ce restaurant encore, le cuisinier Bim, arabe amoureux d'une juive, fêtard et drogué, cherche désespérément une solution pour son frère qui vient de poignarder dans le cadre d'une querelle de voisinage un quadragénaire juif.
Comment tous ceux-ci vont croiser la route de Dando, policier juif impulsif, père de famille et dont le frère a disparu lors de son service militaire, est l'un des mystères qui tient le spectateur en haleine tout au long du film.

Le film est un thriller haletant, qui entretient un rythme effréné au cours duquel on découvre peu à peu la suite des évènements, le pourquoi des relations entre les personnages, la complexité de leurs caractères et de leur vécu ainsi que les problématiques difficiles à démêler du quartier. C'est un film qui s'engage dans la description minutieuse du réel intriqué et non dans la dénonciation de tel ou tel coupable. Nul n'est pointé du doigt. Tous, qu'il soient juifs, chrétiens ou musulmans s'enfoncent dans la mare noire qu'ils contribuent à remplir, entre bonne volonté, amour, ambition, cruauté et soif de vengeance. Sans volonté de réprimande ni de sentimentalisme, les deux réalisateurs Scandar Copti et Yaron Shani, respectivement arabes et juifs, ont dressé un portrait éclaté et violent de ce quartier d'Israel où la cohabitation entre races et religions différentes est réelle, ontologique, sans bons ni méchants, sans idées ni sentiments univoques. Entre le film de gangsters, le drame psychologique et le documentaire réaliste, Ajami concurrence pour sa qualité et son parti pris esthétique ou idéologique Amours chiennes mais aussi Gomorra, tous primés à Cannes comme lui.

Le dernier détail que l'on y voit et la première chose que l'on garde à l'esprit est le générique de fin où défilent côte à côte et sur un même pied d'égalité les noms en hébreu et en arabe. Ajami pointe ainsi du doigt sa volonté de résoudre la situation étouffante dans laquelle ce petit pays, pris dans sa claustrophobie, incapable de régler la question de sa diversité culturelle, se trouve aujourd'hui. Comment faire l'expérience de l'autre : cet autre qui est le décor, le voisin, l'être aimé, où le pire ennemi, cet autre qui fait partie de la réalité indéniable, comme les pierres, comme les arbres, et qui est pourtant innaceptable, en qui l'on ne peut ni se confier ni miser et qu'on ne saurait oublier ? Pour réfléchir à cette question et à toutes celles qui ponctuent tristement notre actualité ainsi que pour voir du grand cinéma, courrez voir Ajami :  « A trois tu ouvriras les yeux et tu te réveilleras ailleurs...Un...Deux...Trois....Ouvre les yeux. »


Jusqu'au 8 juin à l'Utopia

Cécile Eveno

Article paru le (01/05/2010) - Numéro : N°72 - Mai 2010  

Songer au cinéma Latino-Américain

Les 27ème Rencontres du cinéma Latino-américain au Jean Eustache viennent de s'achever et avec elles un panorama solide des dernières productions de ce continent : bijoux incisifs, colorés et féroces qu'on ne voit jamais dans la région, sauf précisément chaque année au mois de mars. Pour ce volet du festival les fictions et documentaires ont défilé autour des luttes passées et présentes qu'une partie des peuples de Colombie, du Venezuela, d'Haïti ou du Mexique ont entrepris dans l'espoir de se libérer et de regagner leur souveraineté politique, économique et culturelle. Période oblige: nous sommes en 2010 et le Mexique se couvrira de festivités en septembre pour le bicentenaire de son indépendance et le centenaire de sa révolution.

France Amérique Latine a programmé des œuvres d'une qualité esthétique certaine, complétées par des débats et des séances scolaires pour sensibiliser tous les publics à certaines problématiques qui prennent l'Amérique latine à la gorge, en l'occurrence la violence des affrontements entre pouvoir étatique et groupes dissidents d'inspiration marxiste. Leur choix embrassé sans recul informatif pourrait frôler la propagande manichéenne, mais étant toujours motivé par le savoir-faire solide de réalisateurs talentueux, il se voit pleinement justifié. On se déplace toujours à ces Rencontres pour voir du très bon cinéma qui malheureusement se fraye parfois difficilement un chemin jusqu'au public français.

Lors de l'inauguration, fut projeté Postales de Leningrado de Mariana Rondon, qui raconte dans un style pop conforme aux années 60 les drames familiaux des guérilleros vénézueliens contraints à la clandestinité à travers les yeux espiègles et inventifs de leurs enfants. Ceux-ci rêvant de devenir des hommes invisibles ou des hommes grenouille pour échapper à l'emprisonnement et à la torture, réécrivent l'histoire de leurs parents en attendant qu'ils reviennent. Ils colorient les images et les évènements, dessinent un monde de super-héros dont les plans prévoient des poissons, des oranges et des cochons au rythme de la musique entraînante des sixties. Ils entremêlent le récit, le rêve et la mémoire pour témoigner originalement de l'expérience des révolutionnaires, qui sont censés se trouver dans une ville lointaine et mystérieuse où les saisons existent : Leningrad. Les cartes postales oniriques envoyées de là-bas cohabitent avec les images réelles de propagande et les scènes de massacre : on rit puis on frissonne aussi loin que ces enfants peuvent nous emporter dans leur conte poursuivi de près par le réel dévasté.

Du petit documentaire indépendant aux grandes œuvres primées internationalement, ce festival est l'occasion d'être souvent surpris et bouleversé, et de repartir la gorge nouée par des thématiques graves, des traitements originaux et des images d'une grande beauté. Parfum de Violettes, Le Fils de la Fiancée et Amours Chiennes sont autant de chef-d'œuvres ainsi dévoilés les années précédentes. Ce dernier, souvenez-vous en ou jetez vous dessus si ce n'est pas déjà fait.

Sauvage, atroce, agressif, ce triptyque mexicain au pouls bestial et fascinant fait se succéder et s'interrompre trois fables sur la chute de l'homme, éternellement exclu du paradis, du vagabond au top model, de la masure au loft, de la cave interlope au gratte-ciel arrogant, il s'agit du portrait cubique d'une ville monstrueuse, qui tressaille encore avant de mourir, refusant son agonie perpétuelle, écroulée sous sa foule, sa violence, ses déchets, et prostituée à toute heure...

Un accident de voiture pour épicentre de la spirale du chaos où trois destinées désastreuses se croiseront pour le pire ; deux auteurs géniaux qui ont su que pour peindre la ville de Mexico il fallait donner un grand coup dans une vitre et laisser voler les éclats de verre en désordre au risque qu'ils n'entaillent tout sur leur passage ; un montage virtuose qui fait exploser la chronologie, des plans incisifs, et une bande originale déchaînée en osmose ou en décalage, toute aussi grinçante que le scénario, qui enivre... écorche... décapite.

Tous maudits pour avoir désobéi à l'implacable dieu, têtus et fiers, injustes et déloyaux, les personnages sont en étroite relation avec leurs chiens, qui démarquent leurs défauts et réactivent leur conscience humaine, leur foi parfois, et esquissent leur réconciliation hypothétique avec cette vie chaque jour plus dégueulasse.

Il est d'abord Octavio qui ne veut qu'une chose : la femme battue de son frère, la prendre sauvagement contre une machine à laver pendant que celui-ci braque une pharmacie, et rêve de l'emmener loin, de recouvrer en elle et avec elle une sérénité, une paix, une tendresse, une harmonie qu'il n'a jamais connu et qu'il ne reconnaitrait même pas s'il devait en croiser un semblant dans la rue. D'où le fait de faire combattre son chien, dans la crasse et le lucre, pour atteindre cet ailleurs rêvé. Et ça hurle, ça aboie, et ça saigne pendant qu'au premier plan la fumée des pétards et les éclaboussures de crachats et de bière salissent l'écran...

Puis jaillit du côté opposé la jeune mannequin Valeria– fausse blonde, moue sexy et robe trop courte – qui semble embarquer avec elle tout un monde béat et superficiel. Elle transporte partout son petit chien moche qu'elle interpelle d'une voix stridente et insupportable « mon amour ». L'homme qu'elle aime vraiment de son côté quitte sa femme et ses enfants pour elle, sans pour autant fermer la porte à l'adultère qui sera toujours là, car il n'est pas de véritable amour pérenne et fidèle qui ne soit celui des chiens. L'affiche de mode va bientôt se déchirer et son "amour" se perdre sous le plancher, prouvant que la misère n'est pas le patrimoine d'une classe sociale déterminée.

Enfin le vieux El Chivo assis sur des ordures que sa grisaille sale épouse parfaitement, entouré de six chiens recueillis, fidèlement aussi infects que lui. Du lait, du rhum, un contrat parmi d'autres pour tuer de sang froid un impresario, un passé trop lourd qu'il ravale derrière ses lunettes rafistolées au scotch, un étrange portrait de petite fille sur son mur fissuré et devant lui un chemin de cendres... Il erre dans les rues une machette dans son chariot parce que l'on est à Mexico et que nul n'a jamais vécu dans une ville plus peuplée, plus polluée, plus violente et plus corrompue...

On a pas le temps dans ce film de respirer ; ne pas regarder derrière soi malgré l'irrésistible envie de recoller les morceaux, courir encore plus vite, foncer vers la sortie de secours, sans se retourner, sinon comme Orphée vous vous rendrez compte que vous venez de perdre ce que vous aviez de plus cher au monde : votre innocence... C'est normal : voilà que vous avez déjà passé trois heures à Mexico city.

Si vous avez su tenir le rythme, rendez-vous en mars prochain au cinéma Jean Eustache.

Cécile Eveno

Article paru le (01/04/2010) - Numéro : N°71- Avril 2010  

Soul Kitchen : La musique est la nourriture de l'âme.

Un film de Fatih Akin déverse généralement une bourrasque de révolte et de douleur sur les écrans. On y est balloté entre l'Allemagne et la Turquie aux côtés d'êtres déchirés de toutes parts, violents et amoureux. Il nous avait habitué à des personnages à la peau de cuir, au regard sombre, toujours en mouvement, souvent à l'agonie, poussant leur dernier cri de rage avant de succomber ou de se résigner. Que de bouteilles brisées sur des sols crasseux dans Head On, de coups et de luttes dans De l'Autre Côté, pour des femmes à la poursuite de leur liberté et des hommes à la recherche d'une raison d'être.

Mort ou marre du tragique, Fatih Akin prend le contrepied de ces chefs-d'œuvre dramatiques et signe ici une comédie. Une comédie dans les règles de l'art : peuplée de personnages grotesques, de situations cocasses, de quiproquos, de gags parfois grossiers et couronnée d'un happy end.

Imaginez un immigré grec à Hambourg propriétaire d'une friche rouillée qu'il a transformé en restaurant populaire où il sert gaiement du poisson pané surgelé dans des assiettes dépareillées au rythme de la soul. Imaginez maintenant qu'il loue une autre partie à un vieillard grincheux et mauvais payeur, que sa fiancée part s'épanouir dans son travail à Shanghai, que son frère taulard et flemmard vient lui demander un faux contrat de travail, et qu'un vieil ami verreux ressurgit pour lui prendre son terrain. Maintenant que toutes les catastrophes potentielles planent sur lui et son antre, seule l'hernie discale sans sécurité sociale pouvait l'achever et lui offrir de se battre jusqu'à la fin du film envers et contre tous plié en deux.

Heureusement dans un monde de malheurs, surviennent toujours les anges. Le premier est un chef cuisinier lanceur de couteaux, diva caractérielle au talent gastronomique aussi affuté que ses lames, avec lesquelles il dessine des plats de luxe et menace violemment les importuns. Le second est une kinésithérapeute aux mains suaves et aux solutions radicales qui viendra sucrer le tout.

La diversité culturelle n'est pas dans ce film comme dans les précédents point de départ de la souffrance et de la violence, mais source de folklore, de vannes et de blagues aux gros sabots, voire de tendres instants de romantisme. Pas vraiment le temps de s'attendrir ou de rester sérieux par ailleurs, le sourire d'un copain viendra palier la difficulté ou le son d'une guitare viendra la couvrir.

A suivre jusqu'au bout les péripéties de Kinos, ne serait-ce que parce que le rythme de la funk, de la soul et du rythm n' blues ne vous laissera pas faire autrement et parce que vous attend au bout du voyage un générique extraordinaire : diaporama de flyers bigarrés de concerts pop, hip hop et rock où s'accrochent en graffitis les noms des acteurs et producteurs.

Fatih Akin est sublime dans le drame, il n'est pas trop mal dans la comédie. Savourez, swinguez, ça ne mange pas de pain. Goutez à l'insouciance de l'ambiance de la Soul kitchen où l'on sait que tout finira bien. Jusqu'au 13 avril à l'Utopia, bon appétit !

Cécile Eveno

Article paru le (01/04/2010) - Numéro : N°71- Avril 2010  

Explorer les sexualités sur grand écran


L’association Cinémarges persiste et signe sa 11ème édition sur les toiles bordelaises, tentant de tracer les contours d’une culture en marge, mouvante, qui s’articule autour des questions de «sexe, genres et identités », dans une perspective de revendication et d'émancipation.
Le festival se déroule à Bordeaux au cinéma Utopia et à la Bibliothèque de Mériadeck, et se prolonge à Pessac pour deux séances au Jean-Eustache et à la Médiathèque Jacques Ellul.

Au programme, une sélection de 40 films, longs et courts, fictions, documentaires, essais vidéos, d’ici et d’ailleurs :
 -  En ouverture, le très attendu Nuits d’ivresse printanière, un ballet amoureux bouleversant, primé à Cannes.
- Un invité d’honneur, le réalisateur portugais João Pedro Rodrigues (O Fantasma), viendra présenter en clôture et en avant-première son magnifique mélodrame transgenre (Mourir comme un homme).
- Un hommage à Carole Roussopoulos, pionnière de la vidéo militante, qui a accompagné toutes les luttes depuis les années 70 (homosexuelles, féministes, ouvrières, anti-impérialistes…).
- Un programme XX avec le ballet érotique de garçons Infidèles et les manifestes pornos féministes d'une scène européenne bouillonnante (Dirty Diaries et Too Much Pussy!).
- Des portraits hauts en couleur, comme celui de Claudette, intersexe, prostituée et fière, ou bien celui de l’écrivain et acteur, Quentin Crisp (An Englishman in New York) dandy, affranchi de toutes les conventions.
-  Des films de répertoire marquant de l’évolution des représentations des gays et lesbiennes au cinéma, avec les deux versants coupable/non coupable du lesbodrama (La Rumeur et Lianna).
-  Des fictions romantiques et politiques…

 Bref, sept jours d’idées à contre-courant et d’émotions décomplexées !



Article paru le (01/04/2010) - Numéro : N°71- Avril 2010  

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