LES NUITS ATYPIQUES!

Les Nuits Atypiques
Un festival qui « chante sa singularité »
Quand on pense aux Nuits Atypiques, une sorte d'image d'Epinal, d'imagerie presque, revient en boucle et laisse un sentiment d'étrange et de –regrettable- déjà vu (regrettable pour le festival bien évidemment !) ; pléthore de concerts, têtes d'affiche, musique du monde, village festivalier... Visions tant valides que réductrices. Car même si le festival et toujours, encore et restera tout cela réuni, il est résolument autre chose, et beaucoup d'autres choses qui plus est. C'est cela que l'on aime à voir ; ce festival, fort de son expérience, parvient, avec une grâce naturelle, à rester profondément attaché à ses idéaux, mais également à se métamorphoser au gré des airs mélodieux, à (se) griser. Depuis 1992, date de son éclosion, Les Nuits font presque parti intégrante du paysage culturel local et régional, évènement avec lequel on s'est familiarisé, avec lequel certains ont grandi, et d'autres ont forgé solidement leur culture musicale.
Pour cette 19ème édition, les Nuits restent fidèles à leurs valeurs (éco-citoyenneté, engagement...) - valeurs constitutives de sa raison d'être et de ses exigences. Tout en restant ancrées dans ces écueils, Les Nuits tentent néanmoins de faire découvrir de nouveaux horizons, des orientations, des sons, des rencontres, des croisements inédits. Lorsque l'on regarde les contours artistiques de cette année, l'on se rend compte à quel point la programmation est dense, touffue, éclairée, éclairante, coordonnée, pensée, fabriquée, cousue main avec minutie, passion et rigueur. L'on pourrait garder aux tréfonds de nos caboches mal informées les images mentionnées plus haut, l'idée d'un joyeux bordel, d'accumulation de concerts en tout genre, d'une sorte de fourre-tout dédié aux musiques du monde comme on a tous déjà pu le voir ailleurs.
En réalité, il s'agit de plus, beaucoup plus que tout cela. Les Nuits transcendent largement ces poncifs et construisent, élaborent sa carte pour au final créer des échanges, édifier des passerelles entre les différents arts et artistes, faire découvrir la musique en résonnance à d'autres médiums.
Les Nuits se décarcassent, s'amusent, défient les ordres établis pour esquisser une réelle interface, un lieu de tous les possibles, où la musique se défait de ses propres démarcations et entre en dialogue avec le cinéma, la poésie, la littérature, le théâtre, les mots, les arts de la parole. Pour cette année, on pense notamment à la venue de l'écrivain Luis Sepulveda (Chili) et des cinéastes Guy Deslauriers (Martinique) et Frédéric Chignac (Bordeaux). Ou encore aux lectures des poèmes de Carmen Yanez (Chili) et de Gabriel Okoundji (Congo). De cette façon, Les Nuits parviennent encore à surprendre, à nous rincer l'œil, nous obligent à ouvrir grand nos esgourdes. Un festival qui « chante sa singularité », selon les dires du Directeur Artistique, Patrick Lavaud, qui tend à « creuser sa différence ».
Un festival qui conserve toutefois comme fil rouge le son polyphonique des musiques d'ici et d'ailleurs, avec au programme, pour ce cru, guitare manouche, guitare flamenca, koto japonais, polyphonies corses et polyphonies malgaches, sonorités gasconnes, chant sahraoui et chant mongol. Avec notamment un hommage à Django Reinhard rendu par quelques pointures, telles que Boulou et Elios Ferré, Mathieu Chatelain ou encore David Reinhardt.
Malgré tout, le festival ne peut succomber à l'aride tentation d'aller voir ailleurs, de flâner vers d'autres pistes, vers d'autres façons de penser, d'exposer ces cultures et d'expérimenter des mélanges hybrides entre musique, cinéma ou littérature. On oublie les bonnes vieilles étiquettes et cases poussiéreuses qui réduisent à tort l'étendue de certaines disciplines, on enfonce certaines portes entrouvertes, on ose, on teste. C'est cela que l'on aime aussi avec ce festival et c'est pour cela que l'on se laisse aisément et volontairement embarquer à bord de cette nouvelle édition marquée du sceau de la découverte, de l'engagement, de rencontres imprévues, agréablement décalées. Une édition à découvrir donc ! Laissez vous surprendre par cette dernière, décentralisez-vous, partez sur les bords de Garonne, enfin lâchez prise.
D.M
19èmes Nuits Atypiques de Langon
26-31 juillet 2010
Pour avoir toutes les infos concernant la programmation, horaires et tarifs, consultez vite le site www.nuitsatypiques.org
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