Cette Chorégraphie tout droit sortie du laboratoire de la compagnie Mutine implantée en aquitaine depuis 98, nous propose une mise en culture, en abîme sans concession. Muriel Barra chorégraphe se place en chercheur, dichotomie de vie intérieure, nous plongeant sans détour dans une émotion brute, non affinée : entre violence et naïveté.
Matière première, cinq femmes cellulaires se mêlent, se renouvèlent, s’assujettissent pour mieux nous perdre. En fond visuel, projetée : une route de nuit, clin d’œil, allégorie de vie, les bandes blanches défilent, éparses quelque phares de voitures apparaissent dans la nuit esseulée.
Solitude donc, mais solidement liés les une aux autres les portraits défilent et nous, nous sommes emportés, transportés en spectateur lointain de ce monde microscopique.
Cinq femmes certes, quoique ….. Agée de 8 ans la plus jeune tient plus du globule. Pétillante de légèreté, insolente de liberté enfantine elle touche chacune d’elles, de nous par sa futilité insaisissable. Globule respire l’envie. Souriante, elle court après le désir de vie et contamine dans sa ronde les autres danseuses.
Puis vient le temps de l’oscillation, dans sa robe virginale son ainée se joue de nous. En attente, un pas puis l’autre, l’autoroute revient. Et si, la fillette globulaire nous entraine dans sa rêverie, son ainée semble happée et nous plonge dans des tableaux de l’impossible.
Impossibilité de l’être, dureté de vie, le corps se débat dans des mouvements incompressibles. On ne joue plus, on subit cherchant en vain un lieu d’existence.
Et puis, et puis une main tendue, un pied, un sourire, un pas de deux et la vie dans sa ritournelle reprend.
Cela (et tellement plus encore !) sous le regard fixe, tendu, parfois doux mais imperturbable de la doyenne (75 ans rien que ça), qui par ce seul fait, regard porté au loin sur ce petit monde nous force au respect. Nous intrigue et intimide quelque peu ! Femme de savoir, d’expérience de vie passant au microscope ces 4 cellules, loin déjà de cette turbulence viscérale.
J’ai été saisie, prise en flagrant délit d’émotion par ces 5 danseuses à la présence incroyable. Comme un écho d’elles en moi, ces 5 portraits sont venus chatouiller, réveiller, « chaotiser » celle que je suis, ce que nous sommes. Une belle claque donc, venant nous interroger sur le lien aux autres en chacun de nous.
Fanny Dupuis
Extrait vidéo du spectacle
Création originale / chorégraphie : Muriel Barra
Crédits photos: Jean-Luc Ollivier et Laurence Escorneboueu
