Sauvage Garage • #1

Carte Blanch:e à la belle équipe de Sauvage Garage !

On entre ici avec modestie, sur la pointe des pieds. Malgré notre accoutumée balourdise, on s’efforcera de ne pas trop faire crisser nos moonboots entre les feuillages d’automne. On frappe à la grande porte – promis-juré, on fera attention à ne pas tacher le sol, à coups de fonds de pots d’encre, de marqueurs indélébile, de larmes de crocodile, ou de la sueur de nos fronts besogneux. Et si c’est le cas, bien sûr, on épongera !

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Sauvage Garage est un collectif de jeunes artistes et auteurs qui s’est constitué courant l’été 2012. Ses membres, au nombre approximatif de 24 (car c’est sans compter les membres fantômes, membres de cœur, membres escomptés, membres à putscher…), sont éparpillés aux quatre coins d’un territoire à géométrie variable, entre Bordeaux, Paris, Tours, Angoulême, Strasbourg. Liés depuis le jardin d’enfance, rencontrés par hasard au coin d’une rue, ou ex-camarades de promotion dans une université / école d’art X ou Y, ils sont graphistes, photographes, écrivains, dessinateurs, architectes. Surtout, ils sont d’une génération connectée – puisqu’ils parviennent en dépit de la distance qui les sépare, à entretenir des projets communs et des collaborations (merci Facebook et les groupes privés).

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Septembre 2013, Sauvage Garage inaugure le lieu d’art rezdechaussée aux Chartrons : c’est un peu le foutoir, on a presque réussi à faire avoir une attaque à nos hôtes, bon c’est vrai, on adore en mettre partout. A Call at Nausicaa régale les affamés durant le vernissage. Il y avait même des sushis, bordel. Aujourd’hui, on croise sur les photographies-souvenirs, l’œil rougit par l’émotion, tout un tas de silhouettes de gens qui maintenant, ont intégré notre paysage quotidien (« ah, là, c’est machin ! » « et là, bidule ! je ne savais pas qu’il était venu.« )

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A Call at Nausicaa en acoustique lors du vernissage de notre exposition de lancement à rezdechaussée

Février 2015. Avec le soutien du Conseil régional d’Aquitaine et grâce au financement participatif (l’une des plus jolies inventions pour les gens fauchés mais plein d’idées qui ont des copains sur qui compter), Sauvage Garage installe Zones érogènes à l’Envers. Il y fait plus noir que dans le cul d’un taureau par une nuit sans lune ; alors on s’astique, on s’efforce, à donner le meilleur de nous-mêmes. Ariel Ariel, Sahara, puis plus après Gagoug, émettent des ondes sensuelles en notre direction – on les saisit au vol, bienheureux. C’est moins le foutoir, mais quelle épreuve tout de même ! (on se dit toujours qu’on fera « mieux la prochaine fois ».)

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Fresque à l’entrée de l’exposition Zones érogènes

Entre autres arrêts au stand Apéroboat, on s’échappe en forêt pour travailler avec Cistude Nature – d’abord durant l’été 2015, puis prochainement, sur un projet qui nous tiendra occupés durant plusieurs années. On a gribouillé, peinturluré et sérigraphié pour le festival Vie Sauvage en 2014, et c’était peut-être dû aux coups de soleil, mais depuis on ne lâche plus les salles de concert (c’est du harcèlement, on doit être fichés) pour assister à la crème de la crème et rapporter dans nos besaces des reportages dessinés à diffuser sur le blog de notre projet Sauvage Tapage [Marie Lou vous en reparlera bientôt].

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En ce moment, on est silencieux parce qu’on est concentré : Sauvage Garage (le volet bordelais) travaille avec David Fournol (notre ange gardien, notre Superman, notre grand chef indien à nous) et l’Adapei. Dans le cadre d’ateliers de bande dessinée, nous abordons avec des participants-usagers des centres de la Gironde, la question de la vie affective, de la sexualité et du handicap. L’ensemble des productions réalisées se retrouvera imprimé dans un livret à but pédagogique. Et on a très hâte de voir ce projet prendre forme, parce qu’il est beau et qu’il nous tient à cœur.

Mais il y a aussi ces choses que l’on ne dit pas et que l’on construit dans l’ombre ; ces envies de « je t’écris le texte, tu me fais les dessins ?« , « on construit un bâtiment, vous nous faites la signalétique ?« , « et si on le prenait enfin, cet atelier à plusieurs ?« , « bon, et ton projet d’exposition, on se le fixe à quand ? » qui bombardent nos esprits, s’immiscent dans nos interminables listes de choses à faire, parasitent nos agendas Google. L’envie de pouvoir tous se retrouver à d’autres moments que dans le rush du montage d’une cimaise d’exposition, pour boire une bière et tailler une bavette au sujet du dernier épisode de Downtown Abbey.
Sauvage Garage c’est tout ça : c’est toujours en bouillonnement, ça se construit. Petit à petit, et on l’espère, pour longtemps.

Durant quinze jours, Happe:n nous laisse carte blanche (tu en es bien sûr, Happe:n ? c’est ton dernier mot, dis ?) : on parlera de ce qui nous anime, on montrera ce que l’on bricole, on dira des mots qu’on regrettera probablement dans quelques années.
Allez suivez-nous, on sera doux <3

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Pour nous écrire : sauvagegarage@gmail.com
Sauvage Garage, c’est : Anne Lecomte, Anne-Perrine Couët, Ava Roghanian, Bertrand Courtot, Céline Lai, Charline Mahroug, Déborah Jean, Garance Coquart-Pocztar, Guillaume Delamarche, Julie Olivier, Julien Renard, Laurie Oyarzun, Léa Jagut, Louise David, Ludivine Martin, Maëlle Rajoelisolo, Marie Boiseau, Marie-Charlotte Kerzan, Marie Lou Duret, Mathilde Pignatelli, Olivier Crepin, Pascal Vion, Sarah Ayadi, Sophie Tricoire

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Bannière collective réalisée pour le #112 d’Happe:n