Dans quelques heures, que pourras-tu retenir des 364 derniers jours ? CETTE incroyable soupe de tomate ? LA danse mémorable dans l’after de l’intemporelle Maison ? UNE claque visuelle en découvrant la dernière expo de ton pote ? LA chaleur du sable et le soleil qui tombe sur la plage des Chantiers de la Garonne ? L’odeur du café latte à emporter du Books and Coffee avant d’aller bosser ?
EXPOSITION À TOTAL HEAVEN PRÉSENTÉE PAR MAISON ACID
LOUISE GUERRE & LLCOOLJO
Avec Total Heaven, c’est tout autre…
Est-ce l’âge qui avance a grands pas ? Est-ce le monde qui se durcit ? Est-ce le résultat d’un trop-plein de violence quotidienne ? Toujours est-il que, comme ce cher Jojo Richman qui, déjà à l’époque des Modern Lovers, traînait « toute la journée dans les pâtisseries » parce que sa « vie manquait de douceur » (sic), le top annuel se tourne de plus en plus vers des thèmes évoquant la tendresse, l’amabilité et l’altruisme… Et toutes sortes de choses qui apaisent au lieu d’énerver… Signe des temps ? A vous de voir…
1 ex aequo – JUAN WATERS – « Who Me » // JUAN WAUTERS & CARMELLE – « Wearing Leather, Wearing Fur »
Wauters a offert de manière désintéressée une longue impro poétique avec son amie Carmelle, ainsi qu’un merveilleux second album. Un bouquet bigarré composé avec beaucoup de gout. Au menu spontanéité saisissante, émotion toute crue, mais aussi mélancolie… Une tristesse, qui, retournée comme un gant par Juan l’enchanteur, se transforme en joie. La sienne. Puis la notre. En plus de tout ça, le gars a aussi le mérite de nous redonner un peu foi en l’être humain, ce qui, par les temps qui courent, mérite amplement la première place de ce top.
2 – SCIENTIST – « Introducing Scientist – The Best Dub Album in the World… » // « The Dub Album They Didn’t Want You to Hear! » // « Watch This! Dubbing at Tuff Gong Studio«
Son premier album réédité, ainsi que deux disques d’inédits afin de prendre toute la mesure du génie de Scientist. Le dauphin du King Tubby – a qui le maître a légué tout son savoir-faire et même un peu de sa magie – a modifié a tout jamais (du moins, pour le novice que j’étais) l’échiquier dub roots… Jusqu’à damer le pion a Lee Perry ou même à Mad Professor. Très joli coup !
3 – NICOLAS GODIN – « Contrepoint »
Complètement inattendu et tellement humble, ce disque ludique et très généreux se pose là. Du Bach, du Glen Gould, du Morricone, de la pop, du jazz, de la musique africaine… Des pièces hommage simplement proposées, de manière évidente – et sans se la péter une seule seconde. Tout le monde ne peut malheureusement pas en dire autant.
4 – DIE VERBOTEN – « 2007 »
Electro post punk irrésistible et dansant, ce disque de vacances enregistré en 2007 par Soulwax et Riton n’a été mixé que 8 ans plus tard… LCD Soundsystem ou BEAK > paraissent fades à l’écoute de ses évidentes pépites aussi précieuses que pertinentes pour les cuisses comme pour les neurones.
5 – FLAVIEN BERGER – « Leviathan »
De l’électronique et de la poésie. Du chant en français. Du rock progressif. Des nappes. De la consistance. Une fête. Du mystère. De l’eau. Mille lumières… Il y a plus de vie et d’étincelles dans une seconde de ce disque-là que dans la plupart des albums « electro pop » que la presse ou les radios ont essayé de nous refourguer au long de l’année.
6 – MAC DEMARCO – « Another One »
Sous ses dessous de simplicité et de rabâchage, ce disque court touche a l’essentiel. Une formule répétée jusqu’à plus soif. Une douceur et une bienveillance qui deviennent de plus en plus présente au fur et a mesure que la musique se dépouille du superflu.
7 – JAD FAIR & NORMAN BLAKE – « Yes »
Optimiste et rieur, ce disque à la production hyper léché, aux arrangements sophistiqués et délicats (Bill Wells), aux participations classes (Isobel « Belle & Seb » Campbell, Duglas « BMX Bandits » Stewart…) offre un écrin inédit à la voix chaotique des Half Japanese. Contre toute attente, le mariage n’est pas forcé, mais heureux. Comme nous, à son écoute. Carrément joyeux… Car ce disque bien fait est aussi un disque bienfait.
8 – KURT VILE – « B’lieve I’m Going Down »
Des ballades et des mid-tempos. C’est ici que Kurt trouve son style. Plus acoustique, toujours aussi américain… Bien plus doux aussi. Il est aussi beau et chaud comme qu’un épais patchwork bariolé, quand dehors, la température ne cesse de chuter…
9 – PHOENIX – « Alone on Christmas Day »
Un morceau rare (et miraculeux) des Beach Boys de 1979, Bill Muray en guest et Phoenix en grande forme. Et voilà, c’est noël !10 – LAURE BRIARD – « Révélation » : Lumineuses et flottantes, ces chansons pop en français – qui honorent les sixties autant qu’elles apprécient la modernité – à l’image de Stereolab – forment une réelle évidence. Une chef d’oeuvre intemporel, pas si éloigné de celui de Julien Gasc, son ami toulousain, d’ailleurs présent ici.
11 – DAMAGED BUG – « Cold Hot Plums »
John Dwyer, le cerveau, l’âme, les muscles, la voix et les guitares des Oh Sees garages et psychédéliques, nous prend par surprise avec Damaged Bug. Post-Punk plutôt doux, assez synthétique et très original dans le mix, comme dans les compositions, « Cold Hot Plumps », plus encore que son inégal mais déjà intéressant prédécesseur « Hubba Bubba », plonge le fameux frontman dans les affres d’une pop en tout points merveilleuse… au grand dam des furieux admirateurs du groupe, ha ha ha. Les fans de musiques, eux, apprécieront.
12 – CHASSOL – « Big Sun »
Même s’il fut formé au jazz et à la musique contemporaine, Chassol touche au sublime avec son concept d' »harmonisation du réel ». Des voyages « ressentis » comme jamais. Des pianos électrique, un batteur émérite, des allusions à la pop west coast 70’s. Son triptyque s’achevant en Martinique, savourons donc une dernière fois ces musiques inouïes faites de cris d’oiseaux, de joueurs de conques et de flûtes, d’évocations de Philippe Sarde, Sebastien Tellier ou encore Vladimir Cosma.
13 – PIERRE ET BASTIEN – « Que du bonheur »
Le meilleurs album de punk 77 chanté en français, depuis le Pierre et Bastien de l’an passé.
14 – JEFFREY LEWIS – « Manhattan »
Un album de plus. Peut être un peu moins « indie rock » que les deux précédents, mais toujours aussi bon, ça, assurément. Il est un grand songwriter/storyteller, un chanteur poignant, drôle et touchant. L’indifférence a l’égard de Jeffrey Lewis est une des grande injustice de ces années troublées.
15 – CHOCOLAT – « Tss Tss »
Originaire de la scène garage Montréalaise, c’est de la pop à gogo qu’il y a dans le Chocolat québécois. Dans un beau registre neo psych’ prog 70’s, les chansons se déroulent toutes seules, évoquant Unknow Mortal Orchestra, Hyperclean/Aquaserge, Can ou encore Dashiell Hedayat. Qui plus est, sur scène, le groupe durci le ton et devient complètement impressionnant.16 – ODDISEE – « The Good Fight » : « Pure genius hip hop ». Le monsieur fait tout. Il rape avec classe. Il produit avec goût. Son « Good Fight » sonne aussi bien que The Coup et Gang Starr réunis. Ouhai.
17 – PROTOMARTYR – « The Agent Intellect »
L’album post punk de l’année ? Post punk lignée the Fall s’entend…. Son prédécesseur était déjà fabuleux. Celui là semble encore supérieur. Et bé !
18 – TRAAMS – « Modern Dancing »
Ni vraiment indie rock, ni vraiment post rock, ni vraiment noise rock…. Mais très personnel et inspiré… Son prédécesseur était déjà fabuleux. Celui là semble encore supérieur. Et bé (bis) !
19 – MARTIN COURTNEY – « Many Moons »
Super pop délicate, ou le raffinement et la simplicité vont de pair. Exécutée tranquilou par un Real Estate inspiré, il y a là de quoi patienter sereinement jusqu’au prochain Teenage Fanclub.
20 – SHEER MAG – « Singles »
Des hardcoreux qui font du Thin Lizzy avec Michael des Jackson 5 au chant. Chanmé !
21 – ACTION BRONSON – « Mr. Wonderful »
Les meilleurs instru hip hop de l’année avec un flow qui fait souvent penser à Ghostface Killah. Très fort même. Voire a Necro par moment. Attention sous ses airs relativement passe-partout « Mr. Wonderful » provoque de sévères addictions.
22 – TWIN PEAKS – « Wild Onion »
Assez inconscients pour se nommer de la sorte, ces enfants réinventent le rock a chaque chanson. Les Stones, King Tuff, Supergrass, Ariel Pink, the Growlers… Tous passent à la moulinette de leur innocence vertueuse.
23 – DICK DIVER – « Melbourne, Florida »
Dans la grande compète des albums de l’année, ils étaient pourtant les pires outsiders : australiens chétifs et peu assurés, Dick Diver ne misent rien sur l’apparence (le mulet d’Al Montfort), utilisent un saxophone, et ne rechignent pas a sonner comme « Rumours » de Fleetwood Mac. Cela dit, au niveau des atouts de taille, ils composent tous. Et c’est mathématique, les Beatles ou Teenage Fanclub ont trois fois plus de chance d’écrire de bonnes chansons, qu’au hasard, Muse… A plusieurs c’est forcément mieux. La pop des antipodes de Dick Diver doit autant à leurs glorieux aïeuls The Clean qu’a Belle & Sebastien, elle ratisse large (Prefab Sprout), pour finalement toucher à la même évidence que celle du Velvet ou de Lake. Triple coeur !!!!
24 – ULTIMATE PAINTING – « Green Lanes »
Nous avions peur que ce deuxième album ne soit pas à la hauteur de son prédécesseur, le merveilleux « Ultimate Painting »(Trouble in Mind, 2014). Que nenni, mon petit !!! Ce nouveau disque conserve la fraîcheur du premier. Pop a très forte tendance Velvet Underground (3ème album), et puis aussi Teenage Fanclub, et puis c’est tout. C’est ensoleillé et ça réchauffe l’âme à l’heure ou les sinus se bouchent et les pieds se refroidissent. Salvateur.
25 – ex aequo – VALERIE LEMERCIER – « Chante » Réédition d’Or ! // IAM – « L’école du Micro d’ Argent » : Réédition d’argent ! // DIABOLOGUM – « #3 » : Réédition de Bronze ! // DOMINIQUE A – « La Fosette » & « La Mémoire Neuve » : Réédition de Platine ! // SUPERGRASS – « I Should Coco » : Réédition de Marbre ! // MARRIED MONK – « The Belgian Kick » : Réédition de Diamant // LIZZY MERCIER DESCLOUX – « Press Color » : Réédition de Soie !
26 – TWERPS – « Range Anxiety »
Encore des Australiens qui sonnent cette fois comme des Neo-Zelandais (The Bats), des américains (Yo La Tengo, Real Estate) ou encore d’autres australiens (The Go-Betweens)… C’est dire combien ce second album est à la fois pop et précieux. Excellent pour tout dire.
27 – ALINE – « La Vie Electrique »
Variété pop de très très haut niveau, en français dans le texte. A la fois groovy, moderne, bien 80’s et indie rock dans ses influences. « La Vie Electrique » transforme à l’aise blaise l’essai de son prédécesseur « Regarde le Ciel ».
28 – ALEX KACIMI – « Cookies & Motoriders »
C’est fun. C’est doux. C’est joli. C’est très très varié et inspiré… Alex aime les sixties, les yéyés, les Beatles, Neil Young, Kevin Ayers, François de Roubaix et tout plein d’autres… Son album fait le lien entre Burgalat, Chocolat, Julien Gasc, Yves Simon (merci Dig It) et tout un tas de trucs super, smart et cool… J’adore ce disque !
29 – BEIRUT – « No no no »
Moins slave et encore plus pop qu’auparavant. Groovy avec discrétion mais efficacité. Très simple en apparence et plus heureux à tous les coups… Mon Beirut favori ! Bim !
30 – WARM SODA – « Symbolic Dream »
Matthew M. Melton est un bonbon humain. Sa bubblegum pop, plus vraie que nature, comme d’habitude, devient cette foi-ci inspirée comme jamais ! The sweet sugar candyman. Hmmmmm….
31 – MANTLES – « All Odds End »
Après deux albums hyper ricains, les Mantles voyages jusqu’en Australie ou en Nouvelle Zélande… On respire ici le bon air des Go-Betweens, des Chills, de The Clean. A croire que ca va finir par devenir tendance. En attendant « All Odds End » est leur meilleur album, haut la main.
32 – YO LA TENGO – « Stuff Like That There »
Un deuxième « Fakebook » si bienvenu… Encore une fois douceur essssssstrême et reprises plus ou moins incongrues – et si réussies (« Friday I’m in Love » by The Cure). L’âge sied à Yo La Tengo.
33 – YOUNG GUV* – « Ripe 4 Luv »
Un des guitaristes de Fucked Up se plait a naviguer jovialement entre synth pop r’n’b (The Sparks, Prince), soft rock 70’s (Todd Rundgren) et grosses fulgurances power pop (early Teenage Fanclub, Velvet Crush/Springfields). Pas un pet schizo pour autant, ce disque multiformes et radieux mettra d’accord les fans de Phoenix (période « United ») et ceux des Posies. Ah bon, ce sont les mêmes ?
34 – THE WAVE PICTURES – « Great Big Flamingo Burning Moon »
Ce disque a bien été chroniqués par les fans de garage ou de Billy Childish – car ce dernier l’enregistre, le co-écrit et lui prête sa guitare, hé hé hé. Stephane Deschamps des Inrocks ou Dig It se rejoignent (incroyable) pour nous expliquer « heureusement que le moustachu est là, parce qu’avant c’était vraiment de la pop bien pourrie ». Et c’est bien triste. Presque autant que les amis qui disent « oui, mais cet album est quand même moins bien, hein? avoue, avoue… ». Non je n’avoue rien. Si ce n’est que ce nouveau Wave Pictures est vraiment bon, très classe, excellent même. Hyper bien écrit, interprété avec un engagement identique que pour ses prédécesseurs et probablement le même que pour les suivants. Toujours au top.
35 – ex aequo FRANCOIS DE ROUBAIX – « L’Antarctique et autres Séances Electroniques rue de Courcelles » // FRED PALLEM ET LE SACRE DU TYMPAN « Présentent François de Roubaix »
Merci a WéMè Records, label techno belge, d’avoir édité ces bandes inédites d’un des plus importants musicien, compositeur de B.O, preneur de son, expérimentateur électronique, précurseur du home-recording, fin mélodiste et génial arrangeur (ouf). Commandé (puis refusé) par cette vieille loutre de Commandant Cousteau, « L’Antarctique » laissa son auteur déçu au delà du raisonnable, et on le comprend. Après avoir exhumé ces bandes, pourtant lumineuses, une première fois en 2009, le fan du plat pays a réédité son exploit cette année. Grâce lui soit rendu. Enfant, Fred Pallem écoutait déjà François de Roubaix sur l’auto-radio de l’automobile familiale. Adulte, devenu musicien accompli, il rend hommage a ce maître, artisan musicien, auteur d’une gamme insensée… De « Commissaire Moulin » à « Boulevard du Rhum » (sublimé par une Barbara Carlotti qui dépasse Bardot), de « L’Homme Orchestre » à « Chapi Chapo » (Katerine, comme un poisson dans l’eau), le catalogue est d’une richesse effarante. Pallem s’en tire comme un chef entre déférence et « modernité » à la Burgalat.
36 – WOOLEN MEN – « Temporary Monument »
Imaginez un camembert parfait (1/3 The Bats + 1/3 Television Personalities + 1/3 Feelies). C’est onctueux. C’est crémeux. C’est bancal, juste ce qu’il faut. Ca file surement une sacré mauvaise haleine, mais qu’est ce que c’est bon !!!
37 – V/A « Sound System Dub Plates Specials 1975-1979 »
Peu d’indications sur ces versions démoniaques de Johnny Clarke, Horace Andy ou Cornell Campbell, mais le « mixed at King Tubby’s studio » met la puce à l’oreille… Un GRAND disque de dub roots, passé entre les doigts prodigieux de son « Roi » incontesté.
38 – KING GIZZARD & THE LIZARD WIZZARD – « Paper Macher Dream Balloon »
Auteurs de plusieurs albums vraiment psych’ heavy garage, ces gentils ricains au nom difficile a prononcer pour un dyslexique, changent brutalement leur fusil d’épaule. Leur petit dernier avec son attirail de flutiaux et de clarinettes se joue pieds nus et s’écoute sourire au lèvres en pensant à Donovan, Belle & Sebastian, the Free Design ou les Mamas & the Papas. Le retournement de veste de l’année.
39 – ex aequo – GHOSTFACE KILLAH & ADRIAN YOUNGE : « Twelve Reasons to Die II » // BADBADNOTGOOD & GHOSTFACE KILAH : « Sour Soul »
Le meilleur rappeur du Wu-Tang (le meilleur rappeur du monde ?) tient la distance sur le rythme effréné qu’il s’est lui même imposé. Soul sombre et cinématographique, inspiré par les gallios italiens avec le producteur prodige Adrian Younge, qui fait une nouvelle fois le lien avec RZA. Ou Soul organique, jouée live par le trio post rock jazz canadien. Ghostface ne se laisse toujours pas distancer par les jeunots Action Bronson, Oddisee ou Joey Bada$$.
40 – MUJERES – « Marathon »
Parfaites chansons énergiques, simples, inspirées… Un rock affable et direct… Quelques fulgurances mélodiques… Une évidence de tous les instants… C’est exactement la même sensation épidermique qu’à l’écoute du 1er Jacuzzi Boys, des morceaux les plus « pop » des Black Lips, Jay Reatard, Fidlar (en moins punk)… « Nous nous appelons « Mujeres » car les femmes sont ce qu’il y a de plus joli en ce monde ». Et bien sur, il n’y a pas un gramme de cynisme dans cette déclaration. Copains.
41 – ANDY DALE PETTY – « Frick’s Lament »
Voilà quoi, ce petit gars de l’Alabama, qui fait une country bluegrass a base de banjo, est en fait complètement unique. Ses morceaux les plus beaux sont des instrumentaux aux mélodies à tomber par terre. Sim-pli-ci-té. Encore une fois. Ses chansons ont des voix doublées, voire triplées (?) puis arrosées de flot de reverb’… parfois on dirait un Animal Collective folk. Ha ha ha. Incongru et limpide, voilà le disque country le plus original de l’année.
42 – SHAMIR – « Ratchet »
Une voix de crécelle ? Oui ! Un chant impossible de Michael Jackson enfant… A la fois androgyne, gracieuce et super craquante, l’electro pop de Shamir chahute comme une virée en auto-tamponneuse et éblouie comme un rainbow flag hyper fluo. C’est un shaker très frappé, qui propose un cocktail a base de Hot Chip, r’n’b, Lcd Soundsytem et Chicago house. Très fruité, pas très alcoolisé, mais pour tout dire, succulent !!!
43 – HIEROPHANTS – « Parallax Error »
Des membres australiens des Ausmuteants, pour un impeccable post punk à la the Intelligence, mais en plus poppy. Fresh.
44 – WHYTE HORSES – « Snowfalls »
Gros tube pop, signé Julie Lispector, accompagnée par une poignée de rosbeefs.
45 – SONNY & THE SUNSETS – « Talent Night at the Ashram »
Les gens ont besoin de nouveauté. C’est triste a dire mais au bout d’une cinquième livraison, si bonne et exceptionnelle soit-elle, ils se lassent. Tant pis pour eux. Ils ne connaitrons jamais les délices de cette pop miniature qui évoque de petits bricolages aux grand dessins Beach Boys… Les Sneetches ont trouvé leur successeurs.
46 – JAILL – « Brain Cream »
Après un autoproduits, 2 albums pour Sub Pop et une cassette pour Burger, ces américains reviennent avec un melting-pop « cervelle glacée » aux milles saveurs. Multidirectionnel, fun et savoureux, ce disque sourire est aussi ravissant que sa pochette est flashy.
47 – HOLLY GOLIGHTLY – « Slowtown Now ! »
Geeeeee… Quelque chose comme son 13ème ou 14ème album – 22ème ou 23ème si on compte ceux avec les Brokeoffs, voire 31ème ou 32ème avec ceux des Headcoatees – et peut être son tout meilleur ? Comment est-ce possible ? Comme ça : des ballades 50’s, un style qui s’affine jusqu’à l’essentiel, des musiciens aguerris et tranquilles, l’amitié qui circule, l’importance de chaque détail quand rien n’est utilisé au hasard, de la sagesse et de l’amour. Oui.
48 – WAVVES – « V »
Le gros son. Maousse. Et les chansons. Tip top. Toujours très pop. Toujours très californien. Wavves délaisse la noisy pop « Jesus & Mary Chain » de ses débuts. Et lorgne vers Weezer, voire vers le hardcore mélo (!) Efficacité, efficacité, efficacité… Et fraîcheur. Toujours. Bingo !!!
49 – RATATAT – « Magnifique »
Ah, ça oui !!! Toujours le même recette : à savoir de fines mélodies, de longues plages instrumentales, ce son en plastique si typiques guitares/claviers, ces évocations Daft Punkiennes. Mais, inspirées comme jamais auparavant et plein de surprises. Soit un niveau d’excellence jamais atteint par Ratatat jusqu’ici.
50 – V/A : « Tricatel Rsvp – Composition Instantanée et Improvisation Collective »
Chassol, Fuzati du Klub des Losers, April March, Shawn Lee, Julien Gasc, Louis Philippe, Donna Regina… A savoir cinq jours de compositions et d’improvisation enregistrés live par le crew de Tricatel et leurs amis… Suave, smart et grovy, baby.
51 – PASCAL COMELADE & LES LIMINANAS « Traités de Guitares Triolectiques » (A l’usage des Portugaises ensablées)
Association de bienfaiteurs. Combinaison parfaite. Equation idyllique et Perpignan power. Good !
52 – COURTNEY BARNETT – « Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit »
New 90’s indie rock queen from Australia ! Textes supers. Attitude super. Musique super. Super guitariste. Et super fan de Kim Gordon. Nous sommes quant à nous déjà super au taquet de Courtney Barnett.
53 – KING KHAN & BBQ SHOW – « Bad News Boys »
La bonne nouvelle c’est que tout grincheux (BBQ) et tout lourdingue (King Khan) qu’ils sont, l’alchimie fonctionne une nouvelle fois entre ces deux-là. Doo wop, 50’s rock’n’roll & 60’s pop, comme si rien n’avait existé avant eux. Cette quatrième livraison est probablement la meilleure. Bien content.
54 – CZARFACE – « Every Hero Needs a Vilain »
Cool comic book sell with a double vinyl lp bonus by great 90’s hip hop super heroes 7L & Esoteric + Inspectah Deck featuring MF Doom, GZA, Method Man, Juju from the Beatnuts, R.A. the Rugged Man, Large Professor…
55 – MARIE ET LES GARCONS – « S/t »
Merci a Gonzai pour être allé voir un beau matin Michel Esteban pour lui demander pourquoi diable le si merveilleux album de Marie et les Garçons n’avais jamais été réédité ? Ce disque posthume, paru a l’origine en 1980, fait de bric et de brocs, de 45tours növö punk, secs et tendus, de bouts de live de 1977, d’où se dégage la classe innée qui faisait défaut a Asphalt Jungle par ex. mais que cultivaient les Coronados… « Personne ne me l’avait jamais demandé » leur aurait répondu le patron de Ze records. Donc merci encore a Gonzai pour avoir sauté sur l’occase et fait le job.
56 – HAILU MERGIA AND THE WALIAS « Tche Belew »
Ca groove à mort en Ethiopie. Avec cette réédition instrumentale, suave, classe, sophistiquée, mais évidente. Si vous avez aimé la musique de Mulatu Astatke, celle-ci est tip top !
57 – DRAME – « S/t »
Les cloches qui sonnent le début de Drame évoquent ce bon vieux Moondog. Moins d’une seconde plus tard, nous voilà déjà partis vers Can. Un crochet du côté de chez Philip Glass. Un stationnement dans le parking de la super compilation française early 80’s : « Cosmic Machine ». Puis de nouveau sur la route, avec Stereolab, Silver Apples, Emperor Machine, etc, etc, etc… Bon, c’est un peu vain de se la jouer « name dropping » sur ce beau trajet idéal. Que faire d’autre, pourtant, avec de tels boulimiques de musique(s) ? Comme le BEAK > de Geoff Barrow est une réaction saine a son Portishead devenu si gros, le Drame de Frédérick Landier et Sandrine Guillot est la « bulle-détente » à leur taff de programmateur et web designer de Smac. Curieux et pas snob, le couple Rubin Steiner/Madame Douze a improvisé 3 jours durant. Accompagné de leurs potes musiciens tourangeaux (essentiellement le backing band de Landier, aux congas/basse/batterie/synthétiseurs), plus Quentin Rollet en invité saxophone et la fameuse boîte à rythme Roland TR-808 en guise de « chef d’orchestre » (sic). Le résultat est une musique chaleureuse. Elle hypnotise à l’aise celui qui ne rechigne pas à chalouper du bassin quand il le faut. Et c’est maintenant ! « 100% instrumental et 100 % live » nous dit Fred. 0% d’ordinateur, serait-on tenter d’ajouter. Car Drame vit. Il capte les vibrations de l’air et les transmets par ondes électrique. C’est magique. C’est analogique. Le digital, la transcription de ces ondes par des algorithmes informatiques est ici banni. C’est le mal. Le bon l’emporte. Sentez la différence.
58 – JOEY BADA$$ – « B4.DA.$$ »
« La machine a rattraper le temps » de Nicola Sirkis, ha ha ha… Né en 1995, Joey Bada$$ retrouve tout le peps hip hop de « Midnight Marauders » (A Tribe Called Quest – 1993), « Stakes is High » (De la Soul, 1996) ou « J.Beez wit the Remedy » (Jungle Brothers – 1993). Magic Joey !
59 – ATA KAK – « Obaa Sima »
Super lofi african club disco pop !!! With a big big heart !!! And very strong art folk vibes !!! Geniuuuus !!!
60 – BEATMARK – « Contemporary is Temporary »
Merveilleux titre et superbe album, meilleur encore que son prédécesseur qui était pourtant déjà très bon. Toujours 90’s indie rock, un peu moins gentiment « Pastels », un peu plus tendu, un peu plus « guitares »… On sent poindre derrière ce projet la seule raison valable pour faire de la musique aujourd’hui : le plaisir.
61 – SCEPTRE – « Essence of Redemption »
Beau reggae roots anglais du milieu des années 80, d’inspiration 70’s jamaïcaine, sauvé de l’oubli par « British Reggae Lost Classics » (qui portent bien leur nom). Lovers rock bienveillant, gracieux et romantique, infiniment aimable.
62 – MILK LINES – « Ceramic »
Un gars des Demon’s Claws Montréalais avec sa cops. C’est pop, psych’, country & western, plus vraiment garage, mais vraiment très bon en revanche, tout du long, et sans chichis… Coup de coeur.
63 – MORITZ VON OSWALD TRIO – « Sounding Lines »
Moritz « Maurizio » Von Oswald aux machines, sourdes et vibrantes + Tony Allen, « LE » batteur de Fela, aux rythmes acoustiques, arrondis et caressants = mieux que le hammam !
64 – DEZURIK SISTERS – « Yodel and Sings their Greatest Hits »
Dans les années 30 aux USA, comme Jimmie Rodgers, Carolyn et Marie-Jane Dezurik incluaient dans leur dans blues typique un yodel ululant provenant des Alpes Suisses. Cette anthologie Mississippi records, propose pas moins de 26 gazouillis de pinsons hallucinés. Risible pour les grincheux, ce disque aura le pouvoir d’émerveiller les coeurs purs. Faites le test.
65 – DEPARTMENTSTORE SANTAS – « At the Medieval Castle Nineteen 100-Year Lifetime Since »
Une découverte. Une petite perle lofi pop californienne de 1984, proche des 1ers GBV, des Television Personalities, de Jeffrey Lewis et de R. Stevie Moore. Youpi. C’est bricolé avec goût, débordant de charme, inattendu et trop cool raoul. Merci a Superior Viaduct (qui nous avait pourtant habitué a des rééditions new wave/synth pop/post punk carrément moins youpi !!!).
66 – IKO CHERIE – « Dreaming On »
Marie Merlet sait combien, en musique, la spontanéité est précieuse. Iko Chérie est pop, tendre et bienveillante. Elle aime les années 60 et le « modern world ». Ses évocations bilingues de Claudine Longer (« The Party »), Astrud Gilberto ou encore de la Kahimie Karie de Momus ou Katerine, sont autant de vitamines parfaites pour l’âme et le cœur.
67 – SAVON TRANCHANT -« On Est Pas des Arbres »
Rock arty et poétique, elecro et absurde, joli et mystérieux, par un duo théâtral qui évoque le Dominique A de « La Fosette », Nonstop, Brigitte Fontaine ou le Katerine de « L’Homme à Trois Mains ». Bingo !
68 – FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS – « L’Homme Tranquille »
Si le chemin se dessine à temps, je pourrai le suivre…
69 – « France Chébran »
La compilation « French Boogie » éditée par Born Bad. A savoir le penchant 80’s varièt’ hip hop de ses fameuses « Wizzz ». Rien que pour Bianca (Agathe du groupe Regret) dans un numéro de haute voltige « La Fourmi… »
Hors Classement – GORDON – « S/t » : Hors concours, mais assez fier sur ce coup-là.