À l’occasion de la Collection Automne 2015 de vie sauvage, Happe:n donne Carte Blanche au Festival bourquais pour une série d’interviews des acteurs présents le 17 octobre au Champ de Foire. Première interview: Brian Wilson, chanteur des Beach Boys.
Salut Brian, Tu te présentes en quelques mots ?
Je suis Brian Wilson des Beach Boys. J’ai fait partie d’un groupe sous-estimé, qui souffre d’une image d’Epinal où tout le monde nous voit en short et chemises hawaïennes sur la plage, alors que notre destin est plus sombre que le scénario des trois films du Parrain réunis. Sous-estimé alors qu’on a été les concurrents les plus probants des Beatles à leur sommet et on sera pourtant perçus pour toujours comme ces vieux gars qui ont écrit la musique du film Cocktail. J’ai quand même composé Pet Sounds, le seul album qui contient tous les accords possibles, puis le chef d’œuvre Good Vibrations. Les Beatles sortent Sergent Pepper. Moi je deviens définitivement dingue et mon groupe tourne plutôt ringard. Game over. Bref, je suis l’équivalent vivant du duo Lennon/McCartney, mais avec le bilan psychiatrique d’Ozzy Osbourne.
Encore un biopic quoi (il y a eu aujourd’hui 457 films biographiques, sur Ray Charles, Johnny Cash, mais aussi JFK ou Mohamed Ali) ?
Si vous détestez les biopics, ce film est fait pour vous. Il n’a pas trop versé dans le trip génie incompris, pas non plus dans le listing hagiographique à la wikipedia. C’est ce qui en fait un grand film, qui se tient loin du clip ou de l’attitude fanboy.
Tu en as pensé quoi du film ?
Le réalisateur Bill Pohlad a décidé de filmer en parallèle deux moments de ma vie de ma vie, ma chute dans les années 60 et ma renaissance dans les années 80. La mise en images est d’un finesse incroyable. On retient des scènes extrêmement bien écrites comme celle de la piscine, où chaque membre des Beach Boys est enfoncé dans l’eau à hauteur de son implication dans le groupe. Les scènes de studio, qu’on n’avait jamais vues aussi crédibles ailleurs. Il y a aussi le montage sonore de ce que j’entends dans ma tête, ce que j’ai toujours décrit comme une cacophonie continue, et c’est Atticus Ross qui s’en est chargé. On l’avait entendu oeuvrer dans the Social Network, et on l’avait vu au boulot avec Nine Inch Nails aussi.
Est ce que tu aurais amené Radio Elvis en tournée ?
Peut-être, car Radio Elvis semble avoir écouté Dominique A et François and the Atlàs Mountain, qui ont eux-mêmes pas mal écouté les Beach Boys. Ca commence à être complexe, c’est comme le début de la seconde couronne des influences : les kids qui sont inspirés par un groupe alors que même les enfants des musiciens morts sont assez âgés pour être leurs parents.
Avec Arnaud D’armagnac (JunkPage / New Noise Mag) dans la peau de Bryan Wilson.
