Flotation Toy Warning ou l’art de prendre son mal en patience…

Alors que des groupes pondent quasiment un album par an entre deux tournées interplanétaires, pour le meilleur et pour le pire, Flotation Toy Warning a pris la tangente d’attendre 13 longues années pour donner suite à son très beau premier opus « The Bluffer’s Guide to the Flight Deck ». Autant dire qu’à l’époque je n’avais pas l’âge de m’intéresser à ce genre de pop de chambre aux arrangements de mille-feuilles. Cet album tombe donc à pic pour y remédier, et ce, grâce au toujours impeccable label de Sean Bouchard : Talitres.

« Mais où étaient-ils durant tout ce temps ? » Enrage la presse mélomane cherchant à ronger son os… Il suffit de quelques recherches pour se rendre compte que ce n’est ni un succès écrasant, ni la drogue qui minèrent les FTW à peine découverts. Mais plutôt une sorte de perfectionnisme maladif qui les retint emprisonnés dans une boucle spatio-temporelle, avant que Sean ne leur lance une seconde bouée de secours. Et le résultat n’a pas à pâlir d’avoir loupé l’heure du thé…
Il suffit d’écouter « The Machine That Made Us » d’une traite pour plonger dans les méandres du Nautilus de Jules Vernes ou d’esquisser un voyage à Lilliput. Clavecins, orgues vrombissants et nappes aquatiques s’entrelacent autour de la voix de Paul Carter qui nous dévoile dix comptines à rallonge. Une guitare agonise sur la plage 3 et nous rappelle qu’« Everything That is Difficult Will Come to an End ». Sans vouloir faire du track by track, les FTW campent un décor d’orfèvre sur chaque titre, des apothéoses orchestrées du final de « Season Underground » aux roulements de « When the Boat Comes Inside Your House » qui nous rappelle tout leur héritage anglais… Il y a des airs des Zombies période « Odessey and Oracle » ou bien des Coral de « The Curse of Love » mais aussi du français Medhi Zannad et son « FUGU 1 ». Sachez donc savourer ce disque sans en attendre une suite…