La 10ème édition du festival Bordeaux Rock s’est achevée dimanche 26 janvier. Et c’est à l’Heretic que l’on souffle la dernière bougie avec la pop raffinée et psychée de Jacco Gardner. Un artiste à la réputation grandissante !
La file d’attente à l’entrée de la salle en dit long sur le succès de la soirée : on joue à guichet fermé. Les quelques-uns qui n’ont pas leur ticket sont bons pour repartir. J’arrive un peu à la bourre et lorsque je parviens à me faufiler dans la cave de l’Heretic déjà bien remplie, le groupe My Ant, qui assure la première partie, balance son morceau « What do you reckon », une chanson taillée pour la scène. Les bordelais terminent leur set avec deux titres supplémentaires. Du coup, il est un peu difficile de partager mes impressions mais je trouve que le groupe met un pied sur le dancefloor en mêlant à sa musique des influences plus rythmées. Et ça lui va plutôt bien ! Mais si vous ne me croyez pas, allez donc le vérifier par vous-mêmes le 6 février prochain à la Rock School Barbey ; le groupe s’y produira à l’occasion des auditions des iNOUïS du Printemps de Bourges.
Place bientôt à Jacco Gardner dont le matériel est maintenant installé sur la scène. La salle n’attend plus que l’entrée du groupe et, pour patienter, on a droit à la projection d’images d’un vieux film en noir et blanc, dont je me rends compte que ce sont des extraits de l’œuvre de Georges Méliès. Elles accompagneront la prestation du groupe durant toute la durée du concert, donnant à la musique encore un peu plus de raffinement. Des mélodies aux couleurs de la fin des sixties, nées des cendres des Kinks, Syd Barrett et autres Pretty Things, que Jacco Gardner passe au filtre d’une pop rêveuse et sophistiquée.
Sous un grand chapeau noir et des traits angéliques, un petit bonhomme de 25 ans fait enfin son apparition sur la scène accompagné de ses musiciens. D’emblée, le groupe nous embarque dans son univers avec l’instrumental « Cabinet of curiosities » qui est aussi le titre de l’album. Un opus paru l’an passé dans le sillage d’un retour de vague psychédélique, avec des artistes tels que Tame Impala et Rose Windows.
Tout d’un coup, je prends la mesure d’une foule compacte et me rends compte que le sous-sol de l’Heretic est plein à craquer. Moi qui peux à peine à bouger, ça m’amuse toujours ces aventuriers qui fendent la marée de corps anonymes pour s’approcher de la scène… Jacco Gardner n’en a cure et déroule son set, tantôt à la guitare, parfois au clavecin qui donne véritablement cette couleur si caractéristique aux chansons. Il nous offre un joli moment sur « Lullaby », étirant la chanson pour la ralentir en son milieu jusqu’à presque s’arrêter. Instant volute où le temps suspend son cours et fait planer la foule comme une fumée légère et entêtante…
Véritablement, j’assiste à une belle prestation live, à l’atmosphère baroque et esthétique. Et à voir la façon dont les spectateurs remuent et applaudissent chaudement, il est évident qu’ils apprécient eux aussi le concert. Jacco Gardner nous sert une reprise de Billy Nicholls en rappel : « Always On My Mind ». Une chanson plus rapide où les claviers s’effacent un peu. Comme une ouverture vers un prochain album.
Dans les escaliers qui mènent au bar, je croise le petit bonhomme sous son chapeau noir qui redescend vers la salle. Par où est-il donc passé ? Je ne peux résister à une tape dans le dos. Echange poli : -« Great gig ! » -« Thank you ».
Tout est dit.
