LA MUE, Laboratoire des Musiques Urbaines Emergentes

La nouvelle initiative néo aquitaine du label  banzaï lab.

Afin de valoriser sa démarche d’accompagnement artistique, le label bordelais Banzaï lab a organisé un “Laboratoire d’accompagnement des musiques urbaines émergentes” : LA MUE.

Il s’agit d’un concours entre artistes de la région. Hip Hop, dub, soul, pop, musique électronique… : l’épithète “musiques urbaines” réunit divers styles. L’objectif des candidats : remporter le soutien et l’aide au développement du label bordelais Banzaï lab et d’autres professionnels de la musique. Le concept : un tremplin sur toute la Nouvelle-Aquitaine : un projet nouveau en raison du changement des régions. Cet évènement est réalisé en partenariats avec différentes SMACS, notamment une salle à Pau, une à Perigueux, et quatre à Bordeaux, ainsi que les fédérations Hiero & Bob Fm à Limoges. LA MUE a pour objectifs l’émergence de nouveaux talents en Nouvelle-Aquitaine, la dynamisation du secteur, la détection et la professionnalisation de projets artistiques ainsi que la coopération territoriale entre les acteurs musicaux de la région.

Le 10 avril, les cinq finalistes : “Lehmanns Brothers”, “Met-h-ode”, “Obsimo”, “Génial au Japon” et “DNA” se sont produits en live, face à un jury composé de professionnels de la musique.

Raphaël Moles, coordinateur du projet a partagé avec nous sa satisfaction : “Ce premier tremplin a été une réussite, puisqu’il y a eu près de 150 candidatures provenant de toute la région. D’un point de vue communication, le pari a également été réussi, l’information a été fortement relayée grâce à un réseau de diffusion efficace. De plus, l’utilité de ce projet a été démontré par une enquête, affirmant que 80% des candidats n’étaient pas encore suivis par des professionnels. Il y a donc un réel un besoin sur le territoire et un vivier d’artistes talentueux qui ne demandent qu’à être entendus.”

Le label a postulé à différentes subventions sur la coopération. Si les financements sont acceptés, le poste de Raphaël sera pérennisé et cela assurera un avenir au projet.

Il a fallu plus d’une semaine pour connaître les trois gagnants. Ils ont été choisis en fonction de leur créativité, leur originalité, leur technique et leur prestation scénique: quatre critères, valables pour toutes les esthétiques, et essentiels pour pouvoir comparer des projets aussi différents les uns des autres.

Après une longue réflexion, les gagnants ont été désignés ! Met-hode, le groupe trip-hop remporte le prix du public. Le duo de bordelaises Génial au Japon, bien connu d’Happe:n pour avoir fait l’objet d’un de nos articles, gagne le prix des pros. Le grand gagnant remporte le prix Banzaï lab, incluant la signature sur le label, l’enregistrement d’un EP, un concert pour les 10 ans du label, le tournage d’un clip vidéo ainsi que le soutient et la promotion de l’artiste. J’ai décidé de faire un focus sur le vainqueur de ce tremplin, il s’agit d’Obsimo. J’en apprends un peu plus sur lui au travers d’une interview.

Pour commencer, présentes-toi en quelques mots à nos lecteurs : 

Je m’appelle André, j’ai 21 ans et je fais de la musique électro.

Clair et concis ! Dis-moi en un peu plus. Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique ? Quel a été ton parcours? 

J’ai commencé par prendre des cours de guitare à 10 ans, au début j’étais plutôt branché rock. Quand j’ai commencé à aller en soirée j’ai découvert l’électro. J’ai essayé d’en faire chez moi, tout seul, je suis autodidacte. J’ai travaillé et, un jour, ce que je produisais commençait à me plaire et plaisait aussi à mes proches. Donc j’ai décidé de choisir un nom, d’acheter le matériel et de me lancer.

Quel est ton univers musical?

J’ai du mal à définir précisément mon style. Pour être large, je fais de l’électro. Je suis seul à contrôler plusieurs instruments : guitare, synthés et contrôleurs.

Quelles sont tes références musicales?

Moderat, que je cite souvent. Weval et Rone, un peu moins connus mais très talentueux.

Pourquoi Obsimo?  

C’est le mélange de deux mots. “Obsidienne”, qui est aussi le nom de mon dernier EP. C’est une pierre volcanique, qui se forme lorsque la lave se solidifie, et “Siriusmo” : un artiste électro que j’aime beaucoup et qui m’inspire.

Quand tu ne fais pas de la musique, que fais-tu?

Je n’ai pas fait d’études. J’ai travaillé pour Deliveroo, j’ai fait des stages dans des associations musicales bordelaises comme l’Orangeade. Puis j’ai travaillé dans des festivals comme “vie sauvage”, “Musicalarue” … Cette année j’ai fait un service civique ici, à la Rock school Barbey, où j’ai été comunity manager.

Comment as-tu pris l’initiative de t’inscrire à la MUE ? 

Je m’inscris un peu à tous les tremplins, tant que cela peut me permettre de me produire et de me faire connaître. Je ne pensais pas du tout être pris… et encore moins terminer premier. Je suis super heureux !

Qu’as-tu pensé de ce tremplin?

C’était hyper cool ! Un peu bizarre de jouer devant un jury et non devant un public. Mais le fait que ce ne soit que des pros m’a permis de rencontrer du monde dans le monde de la musique, et en particulier Banzaï lab.

Qu’est-ce qui t’a permis de gagner? 

Mes lives sont assez travaillés, et assez professionnels. Mis à part ça, je pense que c’est mon originalité qui m’a permis de me démarquer, j’ai un style peu commun.

Qu’est ce que cela va t’apporter?

Je vais pouvoir travailler mon Concert à Barbey et améliorer mon live (le son, les lumières etc). Le label va aussi aussi m’aider à tourner un clip en me finançant, en me trouvant une grosse caméra etc. Mais le plus gros point positif c’est la reconnaissance que Banzaï lab va m’apporter, leurs contacts et leur pouvoir de diffusion dans la région.

Tes prochaines dates? Pour les curieux. 

Le 18 juillet, je serais aux « Heures Heureuses » de Darwin pour un Dj set. Le 4 aout ça se passera au festival Stéréoparc à Rochefort et mon live suivant sera le 1er septembre au festival Tribu libre, aussi organisé par Raphaël.

L’année 2018 marque la première édition de LA MUE, mais ses organisateurs ne comptent pas s’arrêter là. Le projet a pour ambition de devenir un évènement régulier, et encore plus ouvert en intégrant pourquoi pas de nouveaux labels, aux univers musicaux différents comme Baco Records ou MA Prod par exemple. A l’année prochaine !