« Les yeux fertiles » Epicerie d’art et d’horizons

Une « galerie-boutique » pas tout à fait comme les autres.

Fanny de Rauglaudre me reçoit avec bienveillance, dans un lieu à son image : clair, serein, atypique. Sitôt le seuil franchi, je me sens à mon aise dans cet espace. La référence à Eluard laisse naturellement envisager un endroit légèrement en marge, aux milles possibles et aux associations de mots, de couleurs, de thématiques.

Cours de la Martinique, le lieu est signalé par une discrète plaque fixée au mur :

« Les yeux fertiles »

Epicerie d’art et d’horizons

Deux pièces, pierre bordelaise aux murs et grande clarté : l’endroit apaise et dégage une douce énergie, propice à la création, à l’expérimentation. Des objets se nichent ici et là et côtoient de manière désinvolte une ravissante table en bois aux lignes épurées, un canapé.

Au sol, près de l’entrée, un vaste miroir.  De ceux que j’aime, au reflet doucement atténué et à l’allure élégante. Comme un air de campagne en plein Bordeaux.

Ne manquent que des fleurs des champs dans un bocal au verre légèrement opaque. Rectification : j’aperçois, posées sur une étagère de bois blanc, des lavandes dans un simple vase translucide. Tout ici, invite à la rêverie, à la découverte et au partage. Un air d’enfance qui s’accroche, une sensation de vagabondage à portée de main.

Fruit d’une réflexion alimentée par des voyages et des rencontres, cette épicerie d’art et d’horizons est un singulier vivier créatif.

« Les yeux fertiles » a accueilli au mois de septembre l’exposition de Fanny, la toute première à cette adresse. Premier vernissage entre ces murs pour cette jeune artiste touche-à-tout, à l’enthousiasme communicatif.

Dans ce lieu évolutif, la fantaisie est de mise et chaque exposition bénéficiera de sa propre tonalité, d’une mélodie accordée à chaque projet.

Elsa Fanton d’Andon est la prochaine artiste à investir l’épicerie d’art début novembre, pour son exposition  Mourir bête pour n’être mieux. Touchant surtout à l’aquarelle, avec un goût pour le paysage, Elsa emprunte notamment sa contemporanéité aux sujets qu’elle choisit : ses paysages aquarellés se peuplent d’ovnis et de bonhommes étranges. Polyvalente, elle s’oriente également vers la pratique de la sculpture en 3D en bois… Rendez-vous pris pour novembre.

A noter que l’on retrouve de manière permanente des formats,  de taille plus modeste, de plusieurs artistes : cartes postales, badges, reproductions et œuvres originales. Parmi eux, photos d’Aline Fournier de Laurière, dessin numérique de Raphaël Poli, peintures originales de Philippe Henri Ledru ou de Christelle Diener.

Cette épicerie hybride, au carrefour de plusieurs arts,  offre des inspirations multiples, possibilités, objets insolites et tranches de vie venus de pays lointains.

Un lieu qui distille des souvenirs, provoque des envies, précises ou imprécises. Il est une manière d’être au monde, gourmande et sensuelle, grâce à un réel gorgé d’un imaginaire coloré et séduisant.

A la faveur de ses voyages en Asie, Fanny a ramené de Thaïlande éponges, étoles, encens et autres objets grâce auxquels l’évasion est instantanément possible. D’autres choses ici présentes, telles les étoffes en cachemire, viennent tout droit du Népal.

Se ressent le besoin impérieux de mélanger, le désir d’un endroit pluriel qui permet de s’ouvrir à la nouveauté, parfois à l’étrangeté mais toujours à la découverte.

Mi-épicerie, mi-boutique, mi-galerie, « les yeux fertiles » est également une vitrine pour créateurs : Paniers en polypropylène issus du maraichage des huitres à Marenne (et reconvertis à l’envi en paniers à vélo ou paniers de courses) ; Tasses et bols d’une créatrice charentaise, affiches, livres d’occasion,  petits livres-objets pour enfants créés par un collectif d’artistes de BD…. Une caverne d’Ali Baba nourrie de voyages, de compétences et de talents divers.

Je terminerai ce billet par un simple vœu : lors de votre visite aux yeux fertiles, je vous souhaite d’être aussi sensibles à l’atmosphère du lieu que j’ai pu l’être. D’avoir, en ressortant, la sensation d’avoir pris des vacances et de vous être échappés.

A l’extérieur, la vie bat son plein. Voitures impatientes, ciel menaçant et cours de la Martinique aussi bruyant qu’à son habitude.

Je dois vous faire une confession : au milieu des étoles, des tableaux et des livres, j’avais oublié Bordeaux.

Infos pratiques :

« Les yeux fertiles », épicerie d’art et d’horizons

40b cours de la Martinique

33000 Bordeaux

Page FB ICI.

Exposition Mourir bête pour n’être mieux d’Elsa Fanton d’Andon à partir du 4 novembre.