Radicalement BRANZI

Rétrospective de l’Architecte et Designer Andrea Branzi à l’Espace SAINT REMI et chez ARC EN REVE.

Architecte et Designer italien, Andrea Branzi est l’un des théoriciens majeurs du mouvement radical italien, la Ville de Bordeaux lui consacre une rétrospective dans le sculptural Espace Saint Rémi et au Centre d’Architecture ARC EN RÊVE.

Radicalement BRANZI – Rétrospective de l’Architecte et Designer Andrea Branzi à l’Espace Saint Rémi jusqu’au 25 janvier 2015.

Déf. Larousse – rétrospective n . f . : Exposition présentant de façon récapitulative les œuvres d’un artiste, d’une école, d’une époque.

Ici, vous trouverez l’artiste, l’école, l’époque.

Cent quarante pièces internationales réunies à Bordeaux et mises en scène par Andrea Branzi.

De Florence à Milan, l’architecte et designer s’inscrit et participe indéniablement au mouvement radical en cofondant Archizoom Associati en 1966. Ce collectif inspire les générations suivantes grâce à son emblématique série de projet d’architecture et de design.

1969, No Stop City – projet majeur d’urbanisme du collectif – est un modèle d’urbanisation globale, il change la conception de la ville. Ce projet reprend les codes de l’industrie en une structure neutre avec un schéma répétitif en laissant, grâce au design, la liberté créatrice de l’habitant. Une maquette qui flirte avec la mondialisation des données, laissant libre cours à l’échange des idées et à une conception plus sensible de l’objet.

Andrea Branzi fait exploser la culture de masse et refuse la désindividualisation de l’objet. Sa conception de la création de l’objet va à l’encontre de la consommation frénétique et impersonnelle de l’après-guerre. Les médias véhiculant une vie uniformisée et un comportement à adopter qui écrase les cultures, il créé à cet effet des petites séries d’objets et participe à la valorisation de l’artisanat. Son engagement dans le design et l’architecture est indubitablement la retranscription de ses idées contestataires. En participant au Groupe Memphis – Mouvement de Design et d’Architecture créé en 1981  – il contribue à mettre en exergue le chaos de la société à travers des créations aux formes délibérément saugrenues.

La visite se compose en sept parties. Cette scénographie permet de visualiser les débuts de l’architecte jusqu’à ces récents travaux. Cela se compose ainsi, la création d’Archizoom Associati, un grand plongeon dans la culture Pop des années soixante. On retrouve ainsi les mythiques canapés Safari & Superonda, 1967 ainsi qu’une reproduction de la maquette de la fin de ses études, Luna Park II, 2001. Ensuite, on traverse Alchimia & Memphis soit la révolution plastique et le questionnement de l’espace domestique dans la métropole contemporaine. 1985, un tournant décisif, exposition des rares pièces qui mêle le bois à des matières plus artificielles.  L’espace Nouvelles Dramaturgies où l’on trouve des panneaux évoquant des décors antiques qui remettent au cœur de l’objet le symbolique, le sens et le sensible. Un monde en céramique ou la mise en valeur de l’artisanat et l’artisanat d’art. Digressions autour des fleurs, création  mise en valeur et danse autour de ce que contient l’objet et de ce qu’est l’objet. Changement d’échelle, série monumentale de mobilier-architecture, mobilier-sculputure, mobilier-peinture.

Léa Guillot, chroniqueuse Happen Magazine

« Radicale ! » : L’exposition No-stop city d’Andréa BRANZI, à ARC EN REVE

Du 9 octobre 2014 au 25 janvier 2015

En complémentarité de l’exposition qui lui est consacrée à l’Espace Saint Rémi, le centre d’architecture ARC EN REVE revient avec « No-stop city », travail mené par l’architecte et designer Andrea BRANZI sur sa vision (toute personnelle) de la ville.

Alors en tant qu’urbaniste, on m’a appris à faire le distinguo entre les architectes qui pensent et théorisent (ceux qui font de belles maquettes), et ceux dont le travail voit le jour de manière opérationnelle (ceux qui font de belles maquettes qui tiennent debout). La ville proposée par Andrea BRANZI fait évidemment partie de la première définition. Ayant très peu bâti, cet architecte s’est attaché à conceptualiser de façon critique, et avant-gardiste notre mode de voir et construire la ville. Sa vision d’une métropole sans fin, « No-stop city », n’est pas réalisable et n’a pas ce but. Elle nous questionne sur notre usage, voire notre consommation de la ville en tant que citadin.

Avec son groupe ARCHIZOOM, Andrea BRANZI nous propose d’aborder autrement l’environnement urbain, en ne se basant plus sur le bâti, mais sur les flux et les modes de consommation qui produisent une ville sans qualité architecturale, une ville des usages, avec une structure unique et répétitive. Le modèle de cette ville « moderne » prône une structure reposant sur l’usine, comme repère productif et organisé, et le supermarché représentant la circulation des flux à l’intérieur de ce système urbain productif et organisé. De là, à dire que nous en sommes réduits à être des gadgets dans des paquets de céréales…

A travers un film documentaire, et des maquettes, l’exposition revient donc sur ce mouvement des années 60/70 où, en contestation des déviances de l’urbanisation fonctionnaliste d’après guerre, Andrea BRANZI a développé ce concept de « No-stop city ».

En 2014, cette vision froide et dénaturée de la ville peut faire sourire par son radicalisme, mais nous interroge forcément sur notre usage de la ville à l’ère de la mondialisation de l’information et de la consommation.

Eugénie Bugain, chroniqueuse Happen Magazine

INFORMATIONS PRATIQUES :

Andrea Branzi, pleased to meet you
50 ans de création
Du 10 octobre 2014 au 25 janvier 2015

Grande exposition, musée des Arts décoratifs et du Design hors les murs, espace Saint-Rémi

4 Rue Jouannet, 33000 Bordeaux

De 12h à 18h tous les jours sauf mardis et jours fériés. Visites tous les samedis à 16h. Visites de groupes sur réservation au +33 (0)5 56 10 14 00

ARC EN REVE

7, rue Ferrère – Bordeaux

Ouvert du mardi au dimanche de 11.00-18.00, nocturne le mercredi jusqu’à 20.00